Par : Cecilia E.L. Mendy
Une témoin de l’accusation a fondu en larmes jeudi devant la Haute Cour en relatant une tentative présumée de vol à main armée survenue au bureau de change AMM Forex Bureau à Manjai Kunda, affirmant qu’elle avait été menacée avec un couteau, ligotée et intimidée par l’accusé.
La témoin, Halimatou Bah, originaire de Bundung, qui travaille au bureau Western Union exploité par AMM Forex Bureau, comparaissait devant le juge Sidi K. Jobarteh dans le cadre du procès de Basirou Sarr.
Sarr est poursuivi pour tentative de vol, en violation de l’article 249(2)(a)(c) de la Loi sur les infractions pénales de 2025. Selon l’accusation, le 10 février 2026 à Manjai Kunda, il aurait tenté de voler Bah alors qu’elle exerçait ses fonctions au bureau.
Témoignant en tant que première témoin de l’accusation, Bah a déclaré à la cour qu’elle avait rencontré l’accusé pour la première fois lorsqu’il s’était présenté au bureau pour se renseigner sur le taux de change du dollar américain. Elle lui aurait indiqué que le taux était de 73 dalasis avant qu’il ne quitte les lieux.
Elle a expliqué que l’accusé était revenu plus tard et lui avait demandé de répondre à sa « grand-mère », précisant qu’elle ne savait pas s’il faisait référence à sa grand-mère ou à son grand-père.
Selon Bah, alors qu’elle se dirigeait vers la porte, l’accusé l’aurait poussée à l’intérieur du bureau, verrouillé l’une des portes et mis la clé dans sa poche.
Retenant difficilement ses larmes, elle a raconté au tribunal que Sarr l’aurait plaquée contre un mur, sorti un couteau et menacé de la tuer si elle criait. Elle a indiqué qu’il lui avait demandé de l’argent, avant de sortir une corde de sa poche, de lui attacher les mains et de couvrir son visage avec son voile.
La témoin a déclaré qu’elle l’avait supplié de ne pas lui faire de mal et lui avait demandé de prendre l’argent et de partir.
Elle a ajouté que l’accusé avait pris un sac contenant de l’argent avant de la jeter au sol, ce qui a provoqué une lutte autour du couteau au cours de laquelle elle s’est blessée à l’un de ses doigts.
Bah a expliqué au tribunal que ses cris à l’aide avaient attiré Lamin Bojang, un passant, qui est intervenu et a éloigné l’accusé d’elle, faisant tomber le couteau au sol.
Elle a indiqué que l’affaire avait ensuite été signalée au commissariat de police de Manjai et qu’elle avait été transportée à l’hôpital pour recevoir des soins. La témoin a ajouté que l’incident l’avait laissée traumatisée et apeurée.
Lors du contre-interrogatoire, l’avocat de la défense, C. Mendy, a demandé comment Bojang avait pu accéder au bureau si l’accusé avait verrouillé la porte. Bah a expliqué que le bureau disposait de deux portes et qu’une seule avait été verrouillée, permettant ainsi à Bojang d’entrer après avoir entendu ses cris.
Les audiences ont été brièvement interrompues lorsque Sarr est devenu émotif et s’est mis à pleurer dans le box des accusés. Interrogé par le juge Jobarteh sur la raison de ses pleurs, l’accusé a répondu qu’il se sentait étourdi.
La défense a contesté certains aspects du témoignage de Bah, notamment son récit de la lutte autour du couteau. Toutefois, la témoin a maintenu que la corde utilisée pour attacher ses mains n’était pas serrée, ce qui lui avait permis de résister.
Accusée d’avoir livré un faux témoignage, Bah a rejeté l’allégation, affirmant qu’elle n’accuserait jamais quelqu’un à tort alors qu’elle prêtait serment devant la cour.
La témoin a confirmé avoir fait une déclaration à la police. Par la suite, l’avocat de la défense a demandé que cette déclaration soit produite comme pièce à conviction, mais le procureur de l’État, A. Drammeh, s’y est opposé, estimant que les bases juridiques nécessaires n’avaient pas été établies.
Le juge Jobarteh a accueilli l’objection, estimant que la témoin n’avait pas confirmé que le document présenté était bien sa déclaration. La cour a donc rejeté la demande et a classé le document sous la mention « Rejeté 1 ».
L’affaire a été ajournée au 27 juillet 2026 pour l’audition du deuxième témoin de l’accusation.

