Par : Binta Jaiteh
La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a appelé la Police gambienne à mener des enquêtes approfondies sur tous les cas signalés de meurtres illégaux.
Cet appel figure parmi les recommandations formulées dans le Rapport 2025 sur l’état des droits de l’homme publié par la Commission.
Le rapport annuel, qui relève d’une obligation légale, évalue la situation des droits humains en Gambie, notamment les plaintes pour violations des droits fondamentaux, les allégations de meurtres illégaux ainsi que d’autres questions d’intérêt public liées à la sécurité et à la justice.
Selon le rapport, la Commission a reçu en 2025 onze plaintes faisant état de violations du droit à la protection contre les traitements inhumains et la torture, contre quatre cas enregistrés en 2024. Huit de ces plaintes concernaient des agents de la Police gambienne, des Forces armées gambiennes et de l’Agence de lutte contre la drogue.
La CNDH a également exprimé ses préoccupations concernant l’utilisation de gaz lacrymogènes par les forces de sécurité contre des personnes rassemblées pacifiquement devant le tribunal de première instance de Kanifing pour manifester leur solidarité avec des protestataires détenus. Elle a indiqué que l’incident avait causé des blessures nécessitant l’hospitalisation de plusieurs personnes, dont un militant et au moins deux manifestants.
La Commission a précisé que l’affaire faisait toujours l’objet d’une enquête à la fin de la période couverte par le rapport, ajoutant que les allégations soulevaient la possibilité de traitements cruels, inhumains ou dégradants ainsi que des inquiétudes concernant un recours excessif à la force par les agents chargés de l’application de la loi.
Le rapport recommande au ministère de l’Intérieur de veiller à ce que des enquêtes rapides, impartiales et efficaces soient menées sur toutes les accusations de torture et de traitements inhumains impliquant des agents de sécurité, et que les responsables soient traduits en justice conformément à la Loi de 2023 sur la prévention et l’interdiction de la torture.
Il recommande également au ministère de l’Intérieur de renforcer les capacités opérationnelles de la Police gambienne en lui fournissant des équipements médico-légaux adéquats ainsi que du personnel qualifié afin d’améliorer les enquêtes sur les meurtres illégaux et de renforcer la reddition de comptes.
La CNDH a en outre appelé le ministère de la Justice à collaborer avec l’Assemblée nationale pour modifier l’article 18(1) de la Constitution de 1997 afin d’abolir la peine de mort comme forme de sanction pouvant être prononcée par les tribunaux.
La Commission a plaidé pour un engagement durable du gouvernement et une collaboration accrue entre les différentes parties prenantes afin de relever les défis en matière de droits humains identifiés dans le rapport. Elle a exprimé l’espoir que ses conclusions aideront les organisations de la société civile et les autres acteurs concernés à promouvoir des réformes juridiques, politiques et institutionnelles visant à renforcer la protection des droits humains en Gambie.

