Par : Fatou Krubally
L’Ambassade du Royaume du Maroc en Gambie a organisé, mercredi, une conférence consacrée au Processus des États africains atlantiques (PEAA) au Centre international de conférences Sir Dawda Kairaba Jawara.
Organisé en partenariat avec l’Université de Gambie sous le thème « Une approche intégrée du développement de l’Afrique », l’événement a réuni de hauts responsables gouvernementaux, des diplomates et des universitaires.
Le Processus des États africains atlantiques (PEAA) est présenté comme une plateforme stratégique susceptible d’accélérer la croissance économique, de renforcer l’intégration régionale et de créer de nouvelles opportunités dans les domaines du commerce, de l’énergie et du développement des infrastructures à travers le continent.
Ouvrant les travaux, M. Ahmed Belhadj, Chargé d’affaires de l’Ambassade du Royaume du Maroc en Gambie, a déclaré que l’espace atlantique africain s’impose progressivement comme un pôle stratégique pour l’avenir du continent. Il a rappelé que cette initiative, lancée en 2022 sous l’impulsion du Roi Mohammed VI du Maroc, vise à faire de l’espace atlantique commun une zone de paix, de stabilité et de prospérité partagée.
M. Belhadj a indiqué que le processus rassemble 23 États africains riverains de l’Atlantique et a mis en place des mécanismes destinés à renforcer la coopération dans les domaines de la sécurité maritime, de la pêche et de la transition énergétique. Il a mis en avant plusieurs projets majeurs liés à cette initiative, notamment le Port Atlantique de Dakhla et le Gazoduc Nigeria-Maroc, qui, selon lui, amélioreront la connectivité, stimuleront les échanges commerciaux et créeront de nouvelles opportunités économiques tant pour les pays côtiers que pour les États africains enclavés.
S’exprimant au nom du vice-chancelier, le professeur Herbert Robinson, le vice-chancelier adjoint, Dr William Jaiteh, a souligné que les universités africaines ont un rôle essentiel à jouer dans l’élaboration des politiques de développement et la promotion de la coopération régionale. Il a affirmé que cette conférence témoigne de l’engagement de l’Université de Gambie à rapprocher la recherche académique des solutions concrètes en matière de politiques publiques.
Le Dr Jaiteh a indiqué que l’Afrique dispose d’immenses ressources humaines et naturelles, mais continue de faire face à des défis tels que le déficit en infrastructures et la faiblesse du commerce intra-africain. Il a estimé que des initiatives comme le Processus des États africains atlantiques offrent un cadre important pour relever ces défis grâce à la coopération, aux investissements et à la coordination des politiques.
Le ministre de l’Information, des Médias et de la Radiodiffusion, Dr Ismaila Ceesay, a déclaré que l’intégration régionale constitue à la fois une nécessité économique et un impératif de développement pour la Gambie. Il a souligné qu’une meilleure connectivité, des infrastructures renforcées, une sécurité énergétique accrue et l’intensification des échanges commerciaux sont indispensables pour assurer une croissance durable dans la région.
Il a également insisté sur le rôle essentiel de l’information et de la communication dans la promotion de l’intégration, estimant que les infrastructures physiques, à elles seules, ne suffisent pas à unir les nations sans une compréhension commune, un partage des connaissances et des liens plus étroits entre les peuples.
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Gambiens de l’extérieur, Sering Modou Njie, a qualifié le Processus des États africains atlantiques d’instrument concret de transformation régionale. Il a indiqué que la Gambie pourrait tirer d’importants bénéfices des investissements prévus dans les infrastructures maritimes et les projets énergétiques régionaux.
M. Njie a évoqué les retombées attendues du Gazoduc Nigeria-Maroc et du projet du Port Atlantique de Dakhla, estimant que ces deux initiatives pourraient renforcer la sécurité énergétique, faciliter les échanges commerciaux et consolider la position de la Gambie au sein des nouveaux corridors commerciaux régionaux.
Il a appelé les pays africains à saisir les opportunités offertes par cette initiative et à œuvrer collectivement à la construction d’un espace atlantique africain plus intégré, plus résilient et plus prospère.
La conférence a réuni des ministres, des diplomates, des partenaires au développement, des représentants du secteur privé, des universitaires et des étudiants afin d’examiner la contribution du Processus des États africains atlantiques à l’intégration régionale et au développement durable du continent.

