Par : Fatou Krubally
Un nouveau projet de loi sur l’immigration soumis à l’Assemblée nationale stipule que la possession d’un visa valide ou d’une autorisation d’entrée ne garantit pas automatiquement l’accès au territoire gambien.
Cette disposition figure dans le projet de loi sur l’immigration de la Gambie, 2026, qui a été présenté en deuxième lecture mardi, alors que les députés examinent des réformes visant à remplacer la loi sur l’immigration de 1965.
En présentant le texte, le ministre de l’Intérieur, Abdoulie Sanyang, a indiqué que ce projet vise à moderniser la gestion de l’immigration, renforcer la sécurité aux frontières et répondre aux défis liés à la migration irrégulière, à la fraude documentaire et à la criminalité transfrontalière.
Selon le projet de loi, les agents de l’immigration aux points d’entrée désignés conserveraient le pouvoir final d’autoriser ou de refuser l’entrée après inspection, même si les voyageurs disposent de visas ou permis valides.
La législation propose également la création du Service de l’immigration de la Gambie, en tant qu’agence principale chargée du contrôle migratoire, incluant la délivrance de passeports, de visas et de permis de séjour, ainsi que la surveillance des frontières.
Elle accorde en outre des pouvoirs élargis aux agents de l’immigration, notamment pour examiner les voyageurs, vérifier les documents et inspecter les bagages si nécessaire afin de s’assurer du respect des conditions d’entrée.
Le projet introduit de nouvelles infractions liées aux documents de voyage frauduleux, à l’usage abusif des passeports et au trafic de migrants, avec des sanctions correspondantes visant à renforcer l’application de la loi.
Il prévoit aussi la création d’un cadre disciplinaire et de responsabilité à travers un Conseil et un comité disciplinaire chargés d’enquêter sur les plaintes contre les agents de l’immigration. Les décisions de ce comité pourront faire l’objet d’un recours devant la Haute Cour dans un délai de 30 jours.
Sur le plan du financement, le texte propose la création d’un Fonds fiduciaire pour la lutte contre le trafic de migrants, destiné à soutenir les activités opérationnelles, la formation et le bien-être des agents, financé par des amendes, des frais, des biens confisqués et d’autres sources approuvées.
S’il est adopté, ce texte abrogerait la loi sur l’immigration de 1965 et instaurerait un système modernisé de gestion des frontières.
Ce projet de loi s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges du gouvernement visant à actualiser les cadres nationaux de sécurité et de gouvernance migratoire.

