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Le rapport cite la faiblesse de l’application de l’application et la corruption comme principaux défis en matière de droits humains en Gambie

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Par Haddy Touray

Un nouveau rapport sur l’état des droits de l’homme en Gambie indique que le pays a réalisé des avancées démocratiques notables depuis la transition politique de 2017, mais continue de faire face à de sérieux défis liés à une faiblesse des forces de l’ordre, à la corruption et à des défaillances de gouvernance.

Publié lundi par l’Edward Francis Small Centre for Rights and Justice (EFSCRJ), le rapport, intitulé L’état des droits de l’homme en Gambie 2025, indique que les libertés d’expression, d’association et des médias se sont nettement améliorées par rapport aux décennies précédentes, les citoyens participant de plus en plus aux débats publics et aux initiatives de responsabilité.

Il avertit cependant que ces acquis restent fragiles en raison d’une application faible des lois et d’une application incohérente des cadres juridiques existants.

Selon le rapport, la corruption reste répandue et continue de miner la gouvernance, la prestation des services publics et la confiance dans les institutions de l’État.

Malgré les engagements répétés du gouvernement pour lutter contre la corruption, le rapport note que peu de poursuites ont été entreprises et que la responsabilité reste limitée dans les affaires majeures, notamment la cession des biens de l’ancien président Yahya Jammeh et le scandale du carburant russe.

Le rapport indique que l’impunité persistante a affaibli l’État de droit et limité l’accès équitable aux ressources et opportunités nationales.

Il note également les préoccupations croissantes concernant les droits civils et politiques en 2025, citant des cas d’arrestations arbitraires, d’usage excessif de la force et de restrictions sur les manifestations.

Les forces de l’ordre, en particulier la police, ont été accusées de brutalité, d’application sélective des lois et d’intimidation des critiques du gouvernement.

Le rapport a également soulevé des inquiétudes concernant les projets de loi, y compris le projet de loi sur la cybercriminalité, avertissant que de telles mesures pourraient menacer l’espace civique et les droits numériques.

En ce qui concerne les droits économiques et sociaux, le rapport indique que l’accès à une éducation de qualité, à des soins de santé et à une protection sociale reste insuffisant, en particulier pour les groupes vulnérables.

Les femmes, les enfants, les jeunes et les personnes en situation de handicap continuent de faire face à la discrimination, à l’exclusion et à une représentation limitée dans les processus décisionnels malgré les protections juridiques existantes, ajoute-t-elle.

Le rapport a identifié des déficits en matière de gouvernance et de responsabilité dans les principales institutions de l’État, notamment l’Assemblée nationale, les organes de surveillance et la magistrature.

Elle a indiqué que les enquêtes parlementaires et les résultats d’audit révèlent fréquemment des irrégularités mais entraînent rarement des sanctions ou des mesures correctives.

Les retards dans la mise en œuvre des recommandations en matière de justice transitionnelle et des réformes constitutionnelles ont également été évoqués comme des obstacles à la consolidation démocratique.

Le rapport indique que la Gambie reste à un stade critique de sa transition démocratique et avertit que le manque de renforcement de la responsabilité et de la résolution des inégalités systémiques pourrait inverser les acquis réalisés depuis 2017.

Elle appelait à un engagement politique renforcé, à une indépendance institutionnelle et à une participation citoyenne active afin d’assurer la protection et la promotion des droits humains dans le pays.

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