L’Alliance of Victim-Led Organisations (AVLO) a exprimé ses préoccupations concernant la nomination de l’ancien ministre de l’Intérieur et ancien Inspecteur général de la police, Yankuba Sonko, au poste de président de la Commission du service des collectivités locales.
Dans un communiqué, AVLO affirme que cette nomination soulève des questions sur l’engagement du gouvernement gambien en matière de justice, de responsabilité et de mise en œuvre des recommandations de la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC).
L’organisation note que Sonko figure parmi les personnes recommandées par la TRRC pour une interdiction de 10 ans d’exercer une fonction publique, en raison de son rôle présumé dans la dissimulation des meurtres de plus de 56 migrants ouest-africains.
AVLO rappelle que le gouvernement, dans son Livre blanc de 2022 sur les recommandations de la TRRC, avait indiqué que des enquêtes supplémentaires seraient menées sur les accusations visant Sonko, à la suite de ce qu’il avait décrit comme des éléments disculpatoires présentés pour sa défense.
Selon l’organisation, les conclusions de ces enquêtes n’ont pas été rendues publiques et aucune clarification officielle n’a été fournie sur la base de cette nomination.
AVLO estime que cette situation risque de saper la confiance du public dans le processus de justice transitionnelle et dans l’engagement du « Plus jamais ça » adopté à la suite du processus de la TRRC.
L’organisation appelle le gouvernement à publier les résultats de toute enquête menée sur le rôle présumé de Sonko dans les meurtres de migrants et à clarifier la base juridique et procédurale de sa nomination.
Elle exhorte également les autorités à revenir sur cette nomination si les procédures régulières n’ont pas été respectées ou si aucune enquête crédible ne l’a innocenté.
AVLO demande enfin au gouvernement de réaffirmer son engagement envers la mise en œuvre des recommandations de la TRRC et des mesures de responsabilité liées au processus de justice transitionnelle.

