Par: Haddy Touray
Une délégation gambienne de haut niveau dirigée par le ministre des Affaires étrangères, Sering Modou Njie, a présenté le rapport d’examen volontaire du pays lors du Forum d’examen des migrations internationales (IMRF) à New York.
Le ministre Njie, chargé de la Coopération internationale et des Gambiens de l’étranger, a conduit l’équipe ayant présenté le rapport sur la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (GCM).
Cette présentation a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur d’une migration sûre, ordonnée et régulière, ainsi que sa volonté de faire face aux nouveaux défis migratoires à travers des politiques inclusives et fondées sur des données probantes.
La Gambie, reconnue comme pays champion du GCM, faisait partie des 164 États membres des Nations unies ayant adopté le Pacte mondial sur les migrations le 19 décembre 2018, réaffirmant ainsi son engagement envers la coopération multilatérale, la protection des droits humains et le renforcement de la gouvernance migratoire.
Depuis l’adoption du pacte, le pays a enregistré des progrès dans plusieurs domaines clés, notamment les transferts de fonds, l’engagement de la diaspora, la sensibilisation du public, la gestion des frontières, la protection des migrants ainsi que le retour et la réintégration.
Selon le rapport, les améliorations apportées aux systèmes de transferts de fonds, soutenues par l’innovation financière et les solutions numériques, ont renforcé l’impact du développement lié à la migration sur les ménages et l’économie nationale.
Le rapport ajoute que les programmes de réintégration continuent de soutenir les migrants de retour grâce à une aide à la subsistance, au développement des compétences et à des services psychosociaux.
Le document souligne également que les campagnes de sensibilisation du public ont renforcé la compréhension des risques et des opportunités liés à la migration, notamment chez les jeunes et dans les communautés fortement touchées par la migration.
Il indique que la Gambie a intégré la question migratoire dans son Plan national de développement axé sur la relance (2023–2027) et élabore actuellement une Stratégie nationale sur la migration afin d’aligner la gouvernance migratoire sur les priorités socio-économiques.
Le document met également en avant une participation accrue de la société civile, du secteur privé, des médias et des acteurs de la diaspora dans la gouvernance migratoire, contribuant à une amélioration des services et de l’innovation.
Selon le rapport, les enseignements tirés ont permis de renforcer les systèmes de données, la coordination institutionnelle, les voies de migration régulière et le développement des capacités nationales. Des progrès ont également été réalisés dans la lutte contre la traite des personnes et le trafic de migrants grâce à une meilleure coordination aux frontières et à des réformes juridiques.
Le rapport a été élaboré à travers un processus consultatif coordonné par le Mécanisme national de coordination (NCM) sur la migration, avec le soutien technique de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et du Réseau des Nations unies sur la migration en Gambie.
Des consultations multipartites ont eu lieu en mars et avril 2026 avec des institutions gouvernementales, des agences des Nations unies, des groupes de la société civile, des médias, des universitaires, des acteurs du secteur privé, des syndicats, des organismes de défense des droits humains ainsi que des organisations représentant les personnes handicapées, y compris la Fédération gambienne des personnes handicapées (GFD).
Des consultations régionales ont également été organisées dans plusieurs collectivités locales sélectionnées afin de prendre en compte les dynamiques migratoires au niveau local.
En marge du forum, la Gambie a coprésidé un événement parallèle de haut niveau intitulé « Sauver des vies et retrouver les migrants disparus : des recommandations aux résultats », le mardi 5 mai.
L’événement a été coorganisé avec l’Équateur et le Réseau des Nations unies sur la migration, avec la participation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).
S’exprimant lors de l’événement, le ministre Njie a déclaré que chaque statistique migratoire représente une vie humaine et a souligné que les décès et disparitions de migrants sont évitables et nécessitent une action collective urgente.
Le gouvernement gambien a réaffirmé son engagement à renforcer les partenariats nationaux, régionaux et mondiaux afin de garantir une migration sûre, ordonnée et bénéfique, et de promouvoir les objectifs du Pacte mondial sur les migrations.

