Par Sering Mass Jallow
La mairesse de la ville de Banjul (BCC), Rohey Malick Lowe, a remis en question la tentative du gouvernement d’introduire un nouveau cadre de réglementation des médias, décrivant cette initiative comme malvenue et potentiellement biaisée.
La réglementation proposée, qui serait initiée par le ministère de l’Information, des Médias et des Services de radiodiffusion, a suscité des inquiétudes parmi les parties prenantes, notamment la direction de l’Union de la presse gambienne (GPU), dirigée par Isatou Keita.
Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, Mme Lowe a exprimé des doutes quant au moment choisi pour cette initiative, se demandant pourquoi des mesures similaires n’avaient pas été introduites sous les précédentes administrations de la GPU dirigées par des hommes.
Elle a suggéré que cette démarche pourrait être perçue comme une tentative de saper l’actuelle direction féminine du syndicat.
« Si une telle approche avait été tentée sous des administrations dirigées par des hommes, elle aurait rencontré une forte résistance », a-t-elle déclaré, ajoutant que les autorités savent que « le pouvoir cède rarement sans résistance ».
La mairesse a réaffirmé son soutien à la présidente de la GPU, soulignant que de nombreux Gambiens se tiennent solidaires de la direction actuelle.
Elle a également mis en garde contre toute action susceptible d’entraîner une surveillance accrue ou une répression des médias, insistant sur le fait que les conséquences pourraient dépasser le cadre des journalistes.
« Lorsqu’ils ciblent les journalistes indépendants, ils nous ciblent tous », a-t-elle affirmé.
Mme Lowe a promis de continuer à soutenir Mme Keita et a déclaré qu’elle suivrait de près l’évolution de la situation, jurant de ne pas rester silencieuse à un moment où la liberté de la presse pourrait être menacée.
Entre-temps, le projet de réglementation des médias a suscité des critiques de la part de certains segments des médias gambiens et de la société civile, certains militants estimant qu’il pourrait compromettre la liberté de la presse.
Les détracteurs affirment que cette mesure risque d’introduire un contrôle excessif sur les médias, tandis que les appels se multiplient pour une consultation plus large avant toute mise en œuvre de la politique.

