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La Gambie célèbre le 26e anniversaire des meurtres d’étudiants des 10 et 11 avril, appelant à la justice

La Gambie a marqué vendredi le 26e anniversaire des manifestations étudiantes du 10-11 avril 2000, au cours desquelles 16 écoliers ont été tués par les forces de sécurité de l’État sous l’ancien gouvernement de Yahya Jammeh.

L’incident, largement considéré comme l’un des plus sombres de l’histoire du pays, s’est produit lorsque des étudiants sont descendus dans la rue pour protester contre des violences présumées des forces de sécurité, notamment le meurtre d’un étudiant et le viol d’une écolière.

Selon le Centre gambien pour les victimes de violations des droits de l’homme, les manifestations pacifiques ont été accueillies par une force excessive, entraînant des morts, des blessures, des arrestations et des signalements de viols et de tortures dans plusieurs régions du pays.

La Commission pour la vérité, la réconciliation et les réparations (TRRC), qui a enquêté sur les violations des droits de l’homme sous le régime de l’ancien président Yahya Jammeh, a ensuite révélé des détails des événements, confirmant que des étudiants ont été tués, détenus et soumis à diverses formes d’abus par le personnel de sécurité.

Malgré ces constats, les victimes et leurs familles affirment que la justice reste insaisissable plus de vingt ans plus tard.

« Depuis 26 ans, les victimes et leurs familles continuent de subir de la négligence, avec un accès limité au soutien médical, psychosocial, éducatif et financier », a indiqué un communiqué des défenseurs des victimes.

Le Edward Francis Small Centre for Rights and Justice (EFSCRJ), commémorant cet anniversaire, a rendu hommage aux victimes, dont un bénévole de la Croix-Rouge, Omar Barrow, qui faisait partie des victimes.

L’organisation a noté que, bien que 16 vies aient été perdues, de nombreux survivants continuent de vivre avec des blessures permanentes et des traumatismes psychologiques, aux côtés de familles ayant enduré des décennies de souffrance.

L’EFSCRJ a également souligné que, pendant des années, les autorités ont nié toute responsabilité dans ces meurtres, attribuant la violence aux étudiants, un récit plus tard réfuté par les conclusions du TRRC.

Le groupe a salué les récentes avancées dans le processus de justice transitionnelle du pays, notamment la nomination d’un procureur spécial, Martin Hackett, et la création d’une Commission des réparations.

Cependant, elle a appelé à la mise en œuvre urgente d’un tribunal indépendant pour poursuivre les responsables, conformément aux recommandations du TRRC et au Livre blanc du gouvernement.

« La justice retardée ne doit pas devenir justice refusée », a déclaré l’organisation, exhortant les autorités à accélérer à la fois les poursuites et les réparations pour les victimes.

L’EFSCRJ a également exprimé son inquiétude face aux rapports persistants de brutalité policière, soulignant que la responsabilité des abus passés doit être accompagnée d’efforts pour prévenir les violations actuelles et futures.

« Il est inacceptable de poursuivre la justice pour des atrocités passées tout en tolérant des violations continues », ajoute le communiqué.

Alors que le pays commémore cet anniversaire, les organisations de défense des droits et les associations de victimes ont renouvelé les appels à la justice, à la responsabilité et au soutien global des survivants et des personnes concernées

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