Par : Fatou Krubally & Kemo Kanyi
Le gouvernement gambien a rejeté les affirmations selon lesquelles des responsables de la région du fleuve central auraient confisqué le cachet officiel du village de Nyangen en raison d’une affiliation politique.
Dans un communiqué publié jeudi, le ministère de l’Information a précisé que le cachet avait été retiré après que l’Alkalo (chef du village), Alhagie Baboucar Mbye, a admis l’avoir confié à son fils. Le ministère a indiqué que cette mesure visait à préserver la neutralité pendant le processus en cours d’inscription électorale complémentaire en vue des élections du 5 décembre 2026.
Le communiqué explique également qu’un dépositaire impartial sera désigné pour superviser le cachet pendant l’examen de l’affaire. « Les instruments administratifs officiels appartiennent à la communauté et à l’État », a averti le ministère, ajoutant que toute utilisation abusive de ces instruments entraînerait des conséquences juridiques.
Selon le communiqué, les autorités ont reçu des informations indiquant que le cachet du village — un outil administratif utilisé pour certifier la résidence et les documents d’éligibilité — aurait pu être utilisé d’une manière non conforme à son objectif.
À la suite de ces informations, le gouverneur de la région du fleuve central a convoqué une réunion avec l’Alkalo (chef du village), le Seyfo du district (chef traditionnel), des Seyfolu seniors et le vice-gouverneur afin de vérifier les faits.
Lors de la réunion, l’Alkalo a confirmé qu’il avait remis le cachet à son fils.
« Compte tenu de la nécessité de maintenir la confiance du public et une stricte neutralité administrative pendant la période d’inscription, le cachet a été temporairement retiré et placé en lieu sûr », a déclaré le ministère de l’Information, des Médias et des Services de radiodiffusion.
Le gouvernement a ajouté que des consultations étaient en cours entre le Seyfo du district et les anciens du village afin de désigner un dépositaire approprié et impartial du cachet pendant que l’affaire est examinée.
Entre-temps, le mouvement UNITE pour le changement avait auparavant allégué que le cachet avait été saisi parce que le fils de l’Alkalo, Mbye Nyan, est membre du mouvement d’opposition. UNITE a qualifié cette action de « dangereux abus d’autorité et de menace directe à l’intégrité de notre processus démocratique ».
Selon le communiqué de UNITE, le cachet de l’Alkalo est essentiel pour les attestations nécessaires aux résidents afin de s’inscrire pour voter et d’accéder à d’autres services officiels. Le mouvement a exprimé ses inquiétudes quant au fait que la saisie pourrait empêcher les citoyens éligibles de participer au processus électoral.
Le communiqué de UNITE a appelé au retour inconditionnel du cachet, au rétablissement des services d’attestation pour les résidents, à une enquête transparente sur les actions du gouverneur Ousman Bah, ainsi qu’à une clarification juridique claire des limites de l’autorité des gouverneurs.
Le gouvernement maintient toutefois que le retrait du cachet était une mesure administrative neutre et non motivée par des considérations politiques. Il a souligné que toutes les actions visaient à préserver l’intégrité de l’inscription des électeurs et à garantir l’impartialité du processus électoral.
La réponse du ministère de l’Information intervient dans un contexte de sensibilité politique accrue alors que le pays se prépare pour la période d’inscription complémentaire précédant les élections nationales.
Les autorités ont confirmé que, bien que le cachet reste sous garde, des dispositions ont été prises pour éviter toute perturbation de l’inscription des électeurs à Nyangen.
La position du gouvernement réaffirme que les instruments administratifs tels que le cachet de l’Alkalo sont la propriété de l’État et que leur gestion appropriée est essentielle pour garantir une gouvernance légale et impartiale au niveau communautaire.

