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L’Assemblée nationale de Gambie met en lumière les faiblesses dans la gestion des actifs de l’ancien président Jammeh

Par Haddy Touray

L’Assemblée nationale de Gambie a publié un rapport examinant la gestion et la disposition des actifs liés à l’ancien président Yahya A. J. J. Jammeh suite à leur saisie à la suite des enquêtes de la Commission Janneh.

Le Comité spécial spécial, créé en mai 2025, avait pour mission de déterminer si le gouvernement gérait ces actifs de manière légale, transparente et dans l’intérêt public.

Le comité a tenu des dizaines de séances et a entendu les témoignages de plus de 70 témoins, dont des responsables du ministère des Finances, du ministère de la Justice et d’autres agences responsables de la garde ou de la vente des biens. Elle examinait également une documentation approfondie, y compris des relevés bancaires, des contrats, des ordonnances judiciaires et de la correspondance gouvernementale. Plusieurs propriétés liées à Jammeh ont été inspectées physiquement pour en vérifier le statut.

Les actifs examinés comprenaient des terrains et des bâtiments à travers le pays, des entreprises, des véhicules, des machines, des comptes bancaires, des avions et du bétail, y compris des exploitations dans les fermes Kanilai. Le comité a cherché à retracer comment ces actifs étaient gérés, évalués, puis finalement vendus ou transférés après avoir été gelés ou saisis.

Le rapport a révélé des faiblesses significatives dans la gestion des actifs. La responsabilité a été répartie entre plusieurs institutions gouvernementales sans coordination claire, ce qui a entraîné des dossiers incomplets ou incohérents. Dans certains cas, des inventaires appropriés, des rapports d’évaluation ou des documents de vente d’actifs faisaient défaut.

Des problèmes ont également été notés dans l’exécution des ordonnances judiciaires destinées à préserver les biens. Certaines institutions n’ont pas su maintenir un contrôle adéquat sur les actifs, créant une incertitude quant à leur statut et à la bonne gestion des recettes des ventes.

La gestion du bétail a été mise en avant comme une préoccupation particulière. Le comité a constaté des irrégularités dans l’enregistrement, l’évaluation et l’élimination des animaux, avec une documentation floue quant aux quantités vendues ou aux prix obtenus, ce qui a soulevé des inquiétudes quant à d’éventuelles pertes pour l’État.

Le rapport a également évalué la mise en œuvre par le gouvernement des recommandations de la Commission Janneh. Un Livre blanc a conduit à la création d’un groupe de travail ministériel et d’un comité technique composé de hauts fonctionnaires. Cependant, ces organismes n’étaient pas toujours efficaces, et une mauvaise coordination contribuait à des faiblesses dans la gestion des actifs.

Le comportement des témoins a également posé des défis. Le comité a rapporté des cas où des individus auraient fourni des informations trompeuses ou interféré avec des preuves, constituant un outrage à l’Assemblée nationale.

Dans l’ensemble, le rapport conclut que la faible coordination institutionnelle, la tenue de dossiers insuffisante et la supervision insuffisante ont sapé la gestion et la cession des actifs liés à Jammeh. Bien que la saisie initiale ait été conforme aux conclusions de la Commission Janneh, les processus ultérieurs n’ont pas toujours été transparents ni clairement exécutés.

Pour répondre à ces questions, le comité recommande la création d’un registre numérique centralisé des actifs contrôlés par l’État, un audit national des biens liés à l’ancien président, une amélioration des procédures d’évaluation et de cession des actifs, ainsi que d’une coordination renforcée entre les agences gouvernementales.

Ces réformes visent à garantir une plus grande transparence, responsabilité et protection des biens publics dans les futurs efforts de redressement en Gambie.

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