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Les inquiétudes s’accumulent autour de la gouvernance de la Fédération de football de Gambie

Par Haddy Touray

Les préoccupations concernant la gouvernance à la Fédération de football de Gambie (GFF) ont refait surface, Madi Jobarteh du Centre Edward Francis Small pour les droits et la justice soulignant des problèmes de longue date au sein de l’organisme.

Des allégations de gouvernance faible, de processus décisionnels opaques et de manque de responsabilité pèsent sur la fédération depuis des années.

La dernière controverse concerne une dépense rapportée de 14 millions de dalasis pour la construction d’un « mini-stade » à Nyakoi, dans la région de la Upper River. Les observateurs notent que la GFF a fourni des assurances générales plutôt que des documents détaillés sur les marchés, le budget et les dépenses.

Mardi, le président de la GFF, Lamin Kaba Bajo, a abordé la question lors d’une intervention dans l’émission Coffee Time avec Peter Gomez. Selon les analystes, la session a soulevé plus de questions qu’elle n’en a résolu. Bajo aurait critiqué les appels à la transparence et mis en avant les réalisations en matière de développement sous son mandat, mais n’a pas publié de documents financiers vérifiables. Les experts soulignent que si les résultats en matière de développement sont importants, ils ne remplacent pas la nécessité de respecter le processus, l’intégrité financière et la responsabilité institutionnelle.

Les observateurs ont établi des parallèles avec les controverses passées à la FIFA, l’instance mondiale du football. Sous les mandats des anciens présidents João Havelange et Sepp Blatter, la FIFA a été confrontée à plusieurs scandales financiers et éthiques. En 2011, la FIFA a versé deux millions de francs suisses à Michel Platini, alors président de l’UEFA, pour des services de conseil supposément rendus à Blatter entre 1998 et 2002. Des procédures pénales ont été ouvertes contre Blatter en 2015, bien que les deux hommes aient été acquittés en 2022. De plus, le Comité d’éthique de la FIFA a interdit à Blatter toute activité liée au football pendant six ans et à Platini pendant quatre ans, tandis que plusieurs responsables ont été inculpés aux États-Unis pour racket, corruption et blanchiment d’argent. Malgré ces controverses, le mandat de Blatter a été marqué par un développement significatif du football en Asie et en Afrique.

Dans le contexte gambien, les experts insistent sur le fait que l’attention doit porter sur la gouvernance plutôt que sur les réalisations. La déclaration de Bajo selon laquelle aucun membre de la GFF n’a formulé de plainte est jugée insuffisante, car les membres peuvent manquer d’indépendance ou de moyens pour contester l’exécutif. La responsabilité publique va au-delà des dissensions internes et exige la divulgation proactive des décisions financières et administratives.

Jobarteh recommande la création d’un Panel éthique indépendant, incluant des personnes extérieures à la GFF, pour examiner les affaires de la fédération. Il exhorte également la direction de la GFF à tenir une conférence de presse et à publier tous les documents relatifs aux appels d’offres, aux achats, aux paiements et aux budgets. « Si le président est confiant dans l’intégrité de la GFF, une divulgation complète renforcerait la confiance du public », a-t-il déclaré.

Il a en outre appelé le ministère de la Jeunesse et des Sports à prendre des mesures décisives, y compris suspendre l’exécutif si nécessaire, même au risque de sanctions temporaires de la CAF ou de la FIFA. « Le ministère de la Jeunesse et des Sports doit agir rapidement. Le football gambien mérite une gouvernance transparente, responsable et adaptée », a ajouté Jobarteh.

La GFF, entité à but non lucratif responsable du football national, existe pour servir l’intérêt public. Les experts estiment que lorsque les principes de responsabilité sont violés, une intervention est justifiée pour protéger l’intégrité du football gambien.

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