Par Haddy Touray
De récentes révélations faites devant la Commission des finances et des comptes publics (FPAC) de l’Assemblée nationale ont ravivé le débat public autour de la vente controversée de Mega Bank, des députés et des parties prenantes soulevant des questions sur la transparence, l’évaluation et la responsabilité dans cette transaction.
La question a attiré l’attention du leader du Parti démocratique uni (UDP), Ousainu Darboe, ainsi que des économistes Lare Sisay et Lamin Manneh, qui avaient déjà exprimé des préoccupations concernant la gestion de la vente.
Selon le témoignage présenté au FPAC, le gouverneur de la Banque centrale de Gambie (CBG) a confirmé que Mega Bank a été vendue à KM Holdings pour 15,25 millions de dollars américains. Avant la vente, le gouvernement aurait injecté 650 millions de dalasis de fonds publics afin de traiter les actifs toxiques de la banque, principalement des prêts non performants.
Ces révélations ont suscité des interrogations parmi les observateurs et les parlementaires quant à savoir si la transaction représentait un bon rapport qualité-prix et si la vente servait réellement les meilleurs intérêts du pays.
Le rapport 2023 de l’Auditeur général a également signalé un solde impayé de 24 442 558,89 dalasis lié à la transaction et a recommandé une divulgation appropriée appuyée par une documentation adéquate.
En réponse, le gouverneur de la CBG a déclaré au comité que ce montant était lié à des honoraires de consultation versés à DT Associates et transférés par l’intermédiaire de Guaranty Trust Bank. Toutefois, les auditeurs ont informé le FPAC que les documents précédemment fournis par la Banque centrale étaient flous et incomplets, compliquant ainsi les efforts de vérification.
Les analystes estiment que l’implication de fonds publics importants renforce la nécessité d’une transparence accrue et d’un reporting clair. Les chiffres présentés lors des audiences comprennent 650 millions de dalasis injectés par le gouvernement pour stabiliser la banque, 60 millions de dalasis qui auraient été reversés au gouvernement, et 20 millions de dalasis actuellement détenus sur un compte au nom de l’État, en plus du prix de vente convenu de 15,25 millions de dollars américains.
Des observateurs ont soulevé des questions sur le caractère indépendant du processus d’évaluation, sur le respect d’une procédure d’appel d’offres compétitive et sur la régularité et la justification des contrats de consultation.
Des appels ont été lancés pour que les autorités fournissent des informations détaillées sur la méthodologie d’évaluation, les contrats et paiements de consultation, le recouvrement des actifs toxiques, ainsi que les mesures prises pour protéger les fonds des contribuables.
Les autorités n’ont pas encore fourni de réponse publique complète répondant à l’ensemble des préoccupations soulevées lors des travaux de la commission parlementaire.
Le débat met en lumière des enjeux plus larges liés à la gestion des finances publiques et à la responsabilité, les parties prenantes soulignant que les transactions impliquant des fonds publics exigent une transparence claire afin de maintenir la confiance du public.

