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Essa Faal appelle à l’équité de genre dans le processus de grâce présidentielle

Par Haddy Touray

Essa Mbaye Faal, chef du parti APP-Sobeyaa, a qualifié de légale et bienvenue la décision du président Adama Barrow d’accorder la prérogative de grâce à cinquante-six détenus, y voyant un usage approprié de l’autorité exécutive.

Il n’a toutefois pas tardé à appeler à une plus grande équité de genre dans le processus de clémence présidentielle.

Dans une déclaration, Faal a affirmé que la grâce demeure un instrument constitutionnel important qui, lorsqu’il est appliqué avec discernement, renforce la réhabilitation, redonne espoir et confirme que la justice, au sein d’une république, doit laisser place à la réforme.

APP-Sobeyaa a salué cet exercice de clémence comme une évolution positive dans le cadre du système de justice pénale du pays, soulignant qu’un système correctionnel qui produit des individus réhabilités mérite d’être reconnu. Selon le parti, lorsque des détenus démontrent une réforme sincère, l’État est fondé à faciliter leur réintégration dans la société.

Cependant, le parti a également exprimé des préoccupations concernant l’égalité constitutionnelle et l’unité nationale, relevant que l’annonce officielle indiquait que les cinquante-six bénéficiaires étaient tous des hommes, sans qu’aucune femme détenue ne soit incluse.

Tout en reconnaissant que la Constitution accorde au Président un pouvoir discrétionnaire, APP-Sobeyaa souligne que ce pouvoir s’inscrit dans un cadre plus large de non-discrimination et d’égalité devant la loi, conformément à l’article 33 de la Constitution.

Le parti a déclaré que si des détenues ont été exclues sur la base de critères objectifs d’éligibilité, les autorités devraient fournir des explications claires au public. De même, si la représentation proportionnelle explique ce résultat, cela devrait être communiqué de manière transparente afin d’éviter toute perception d’application inégale de la grâce exécutive.

La déclaration souligne en outre que les femmes en détention font souvent face à des considérations humanitaires distinctes, notamment des responsabilités de prise en charge, une vulnérabilité économique et, dans certains cas, des antécédents de violences avant leur incarcération. APP-Sobeyaa a fait valoir que de nombreuses juridictions intègrent désormais des approches sensibles au genre dans les processus de clémence afin de garantir des résultats équitables.

Présentant sa position comme un appel à l’équité plutôt qu’une critique des grâces accordées, le parti a proposé plusieurs mesures, notamment la publication des critères généraux de clémence pour renforcer la confiance du public, l’introduction d’évaluations sensibles au genre au sein des mécanismes consultatifs, la publication périodique de rapports sur la répartition démographique des bénéficiaires de la grâce, ainsi que le renforcement des programmes de réintégration pour les anciens détenus, hommes comme femmes.

APP-Sobeyaa conclut que la gouvernance est plus forte lorsque l’autorité exécutive est exercée avec compassion et équité, soulignant que, bien que la prérogative de grâce soit constitutionnellement dévolue à la présidence, elle doit refléter les principes plus larges d’égalité au sein de la république.

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