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Le leader de l’opposition impute les décès liés à la migration aux difficultés économiques

Par Sheriff Hydara

Le leader de l’Alliance progressiste patriotique (PPA), le Dr Ousman Gajigo, a imputé la tragédie migratoire en Gambie à ce qu’il a décrit comme l’échec du gouvernement à faire face aux défis économiques croissants du pays.

Le leader du PPA a formulé ces accusations à la suite de l’une des tragédies migratoires les plus meurtrières du pays, après que plus de 190 personnes, pour la plupart de jeunes Gambiens, dont des femmes et des enfants, seraient mortes en mer en tentant de rejoindre l’Europe.

Le Dr Gajigo a déclaré que la croissance économique sous l’administration du président Adama Barrow a été insuffisante pour absorber une population jeune en rapide augmentation, notant que le chômage des jeunes reste proche de 40 %, tandis que les revenus stagnent face à la hausse du coût de la vie.

Il a critiqué la dépendance du gouvernement à l’égard de mesures de sécurité financées par l’Union européenne visant à empêcher les départs, estimant que de telles approches ignorent les causes profondes de la migration et contraignent plutôt les passeurs et les migrants à emprunter des routes de plus en plus dangereuses.

« La crise migratoire à laquelle le pays est confronté, et dont nos jeunes souffrent de manière disproportionnée, est un problème économique qui nécessite des solutions économiques », a déclaré le Dr Gajigo.

Il a également remis en question l’efficacité des programmes de réintégration soutenus par les donateurs pour les rapatriés et des dispositifs limités de migration légale, notamment les accords de travail avec l’Espagne, affirmant que leur impact a été minime.

« Premièrement, la portée de ce programme était trop limitée pour avoir un quelconque impact sur le chômage des jeunes. Deuxièmement, il n’a pas été bien mis en œuvre en ce qui concerne la sélection des individus ou la manière dont les bénéficiaires ont été traités après leur sélection », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, un bateau surchargé aurait quitté l’île de Jinack, dans la région de la rive nord du pays, le 17 novembre, à destination des îles Canaries espagnoles. Selon des militants pour les migrants, des groupes d’opposition et des sources communautaires locales, aucun survivant n’a été signalé, faisant de cet incident l’une des pires catastrophes liées au retour de la migration irrégulière dite du « Backway » à travers l’Atlantique.

Le gouvernement a ensuite publié un communiqué exprimant sa préoccupation concernant l’incident et annoncé des opérations de recherche, bien que son silence initial ait suscité des critiques de la part des partis d’opposition et des organisations de la société civile.

Alors que les familles et les communautés continuent de pleurer, les appels se multiplient en faveur de réformes économiques urgentes pour lutter contre le chômage et la pauvreté, que beaucoup considèrent comme les principaux moteurs poussant les jeunes Gambiens à risquer leur vie à la recherche de meilleures opportunités à l’étranger.

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