Par Binta Jaiteh
Deux anciennes membres de l’Assemblée nationale ont exprimé leur inquiétude face à la faible représentation des femmes dans les affaires politiques, évoquant un manque d’autonomisation ainsi que des barrières culturelles et religieuses.
S’exprimant lors d’entretiens séparés, Ndey Yassin Secka et Yakumba Jaiteh ont qualifié la situation de recul majeur pour la gouvernance inclusive et le développement national.
Ndey Yassin Secka affirme que la participation limitée des femmes aux processus décisionnels affaiblit la démocratie, soulignant la nécessité d’un plus grand renforcement des capacités afin de permettre aux femmes de se présenter aux élections présidentielles et législatives.
Elle a noté que, bien que les femmes jouent des rôles de leadership dans la société, elles restent largement exclues des postes politiques de haut niveau.
« Nous comprenons que toutes les femmes ne s’intéressent pas à la politique, mais même celles qui y participent peuvent faire une différence significative », a déclaré Secka, ajoutant que la politique devrait être transparente et inclusive.
Elle a également observé que, bien que les femmes constituent la majorité des électeurs lors des électins, les hommes continuent de dominer les postes politiques clés après les scrutins.
Secka a par ailleurs souligné les contraintes financières et le cyberharcèlement comme des défis majeurs décourageant les femmes de se porter candidates, et a appelé le gouvernement, les partis politiques et les organisations de la société civile à autonomiser les femmes sur le plan politique.
De son côté, l’ancienne députée de la circonscription de Serrekunda, Yakumba Jaiteh, a déclaré que les femmes représentent plus de 50 % des électeurs inscrits, mais que cela ne se reflète ni au parlement ni au sein du cabinet.
Elle a rappelé que la loi sur les femmes prévoit au moins 30 % de représentation féminine au parlement, notant que cette disposition n’a pas été pleinement appliquée, en particulier dans les nominations au cabinet.
Jaiteh a également cité le cyberharcèlement, ainsi que les barrières religieuses, culturelles et sociales, comme des facteurs contribuant à la faible participation des femmes à la politique.

