Par Haddy Touray
Le parti d’opposition, l’Alliance Patriotique Progressiste (PPA), a vivement critiqué les prix de l’arachide fixés par le gouvernement, les qualifiant « d’inacceptables » et « très en dessous des taux du marché mondial ».
Dans une déclaration publiée lundi, le Dr Ousman Gajigo, chef du PPA, a indiqué que la Société nationale de sécurité alimentaire, de transformation et de commercialisation (NFSPMC) avait récemment annoncé qu’elle achèterait jusqu’à 50 000 tonnes d’arachides aux agriculteurs gambiens pour un coût total de 2 milliards de dalasis. Cela correspond à un prix d’environ 40 000 D par tonne, soit 40 D par kilogramme, selon le Dr Gajigo.
« Ce prix est scandaleusement bas et ne rémunère pas correctement les agriculteurs pour des mois de dur labeur durant la saison des pluies », a déclaré le Dr Gajigo. Il ajoute que le prix mondial actuel de l’arachide est de près de 100 000 D la tonne, soit plus du double de ce que le gouvernement offre aux producteurs locaux.
Le leader du PPA a lié la faiblesse des prix gouvernementaux à la baisse de la production arachidière en Gambie sous l’administration Adama Barrow. « La production d’arachides sous le président Yahya Jammeh était deux fois plus élevée qu’aujourd’hui, et sous le président Jawara elle était trois fois plus élevée. Cette chute reflète un déclin plus large du secteur agricole sous le régime actuel », a déclaré le Dr Gajigo.
Il a également critiqué le gouvernement pour avoir accordé la priorité aux tournées promotionnelles et aux activités politiques plutôt qu’au soutien agricole. « Nous avons besoin d’un gouvernement sérieux à propos de l’agriculture et des agriculteurs. Au lieu de dépenser des millions à parcourir le pays, ils devraient payer aux agriculteurs gambiens un prix juste et équitable », a affirmé le Dr Gajigo.
La déclaration du PPA souligne une inquiétude croissante parmi les agriculteurs quant à la viabilité de la culture de l’arachide en Gambie. Les analystes estiment que lorsque les prix ne correspondent pas aux coûts de production ou aux valeurs du marché mondial, les petits exploitants sont découragés de planter de l’arachide, ce qui entraîne une baisse de la production et une pression économique sur les communautés rurales.
Le Dr Gajigo a exhorté le gouvernement à revoir immédiatement les prix afin de garantir que les agriculteurs ne soient pas lésés, avertissant que la sous-rémunération persistante pourrait avoir des conséquences à long terme sur le secteur agricole et la sécurité alimentaire nationale.
Alors que la Gambie continue de dépendre de l’arachide comme principal produit agricole d’exportation et source de subsistance pour les communautés rurales, les appels des partis politiques et des organisations agricoles se multiplient pour une tarification plus équitable, alignée sur les marchés internationaux et récompensant adéquatement le travail des producteurs locaux.

