Par : Haddy Touray
Une juriste kenyane, Mme Phoebe Okowa, a obtenu un siège à la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute instance judiciaire des Nations Unies.
L’information a été rendue publique le mercredi 12 novembre 2025, lorsque l’Assemblée générale des Nations Unies et le Conseil de sécurité ont élu à l’unanimité la célèbre avocate kenyane, Mme Phoebe, en tant que membre de la CIJ, avec effet immédiat.
Femi Elias, juge nigérian soutenu par le gouvernement gambien pour le poste, n’a pas réussi à obtenir l’élection.
Mme Okowa succède au juge Abdulqawi A. Yusuf, qui a démissionné de la Cour avec effet au 30 septembre 2025.
Selon un communiqué de presse de l’ONU, « conformément à l’article 15 du Statut de la Cour, Mme Phoebe Okowa exercera ses fonctions pour la durée restante du mandat de son prédécesseur, qui devait expirer le 5 février 2027 ».
La CIJ, principal organe judiciaire des Nations Unies, est composée de 15 juges élus pour des mandats de neuf ans, un tiers des sièges étant renouvelé tous les trois ans afin d’assurer la continuité. En vertu de l’article 2 du Statut de la Cour, les juges sont choisis « sans distinction de nationalité, parmi des personnes jouissant d’une haute considération morale et possédant les qualifications requises dans leurs pays respectifs pour exercer les plus hautes fonctions judiciaires, ou étant des jurisconsultes dont la compétence en droit international est reconnue ».
L’article 9 du Statut stipule également que « dans l’ensemble, la représentation des principales formes de civilisation et des principaux systèmes juridiques du monde doit être assurée ». Aucun deux membres de la Cour ne peuvent être de la même nationalité.
À la suite des dernières élections tenues le 12 novembre 2025, la composition de la Cour est la suivante : Président Iwasawa Yuji (Japon), Vice-présidente Julia Sebutinde (Ouganda), et les juges Peter Tomka (Slovaquie), Ronny Abraham (France), Xue Hanqin (Chine), Dalveer Bhandari (Inde), Georg Nolte (Allemagne), Hilary Charlesworth (Australie), Leonardo Nemer Caldeira Brant (Brésil), Juan Manuel Gómez Robledo (Mexique), Sarah H. Cleveland (États-Unis), Bogdan-Lucian Aurescu (Roumanie), Dire Tladi (Afrique du Sud), Mahmoud Daifallah Hmoud (Jordanie) et Phoebe Okowa (Kenya).
On se souvient qu’en février 2025, le gouvernement gambien avait officiellement nommé et soutenu la candidature de l’ancien procureur général et ministre de la Justice Ba Tambedou pour le poste à la CIJ. Cependant, le 7 juillet 2025, le gouvernement a opéré un revirement surprenant et a retiré son soutien à M. Tambedou, soutenant à la place Femi Elias.
La décision du gouvernement d’écarter M. Tambedou a suscité de vives critiques et condamnations publiques, notamment de la part de l’avocat et chef de l’opposition Ousainou Darboe, leader du Parti démocratique unifié (UDP), qui fut parmi les derniers à dénoncer cette décision.

