Par : Fatou Krubally
L’ancien Procureur général et ministre de la Justice, Abubacarr Tambadou, a démenti les suggestions selon lesquelles l’ancien Vice-président Ousainou Darboe aurait influencé la création ou la composition de la Commission Janneh.
Témoignant devant le Comité spécial de l’Assemblée nationale chargé d’enquêter sur la vente et la cession des biens identifiés par la Commission Janneh, Tambadou a précisé qu’il avait lui-même identifié le juge S.B.S. Janneh pour présider la Commission, contrairement aux affirmations publiques selon lesquelles Darboe aurait sélectionné les membres.
« C’est moi qui ai personnellement identifié M. S.B.S. Janneh à l’époque », a déclaré Tambadou. « Je l’ai appelé et je l’ai ensuite rencontré dans mon bureau pour lui proposer l’opportunité. S’il acceptait, je transmettrais son nom au Président pour approbation. C’est ainsi qu’il a été nommé président. »
Tambadou a expliqué qu’il avait également conseillé le Président sur la nomination des deux autres commissaires, sur la base de critères établis par le ministère de la Justice. Il a précisé que les valeurs directrices étaient la nationalité gambienne, la compétence professionnelle, la grande réputation, la fiabilité et l’impartialité. L’équilibre entre les sexes et l’expertise pertinente dans le domaine traité ont également été pris en compte.
Il a en outre souligné que le Président n’avait formulé aucune objection à ses recommandations et que le Conseil des ministres avait seulement approuvé les noms qu’il avait proposés.
Abordant la question des termes de référence, Tambadou a déclaré que la Commission tenait son mandat de l’avis juridique publié en juillet 2017 ainsi que des dispositions de la Constitution et de la Loi sur les Commissions d’enquête. Il a noté qu’aucun terme de référence distinct n’avait été remis au président ou aux commissaires, le gouvernement ayant délibérément permis à l’organe d’établir ses propres directives opérationnelles.
Tambadou a également défendu la nomination de l’avocate principale Amie Bensouda et du secrétaire Alhaji Kurang, dont il a affirmé qu’ils avaient été choisis pour leurs qualifications professionnelles. Il a soutenu que leurs expériences dans le secteur privé correspondaient à l’objectif du gouvernement de garantir une indépendance vis-à-vis des fonctionnaires en poste.
Il a toutefois reconnu que des leçons pouvaient être tirées du processus : « Si je devais recommencer, je réfléchirais certainement au passé et je chercherais à améliorer les choses. L’autoréflexion fait partie de la croissance. »

