Par: Isatou Sarr
Un groupe de quarante-deux (42) étrangers a plaidé coupable à des accusations liées à la cybercriminalité devant le tribunal de première instance de Brikama, le jeudi 11 septembre 2025.
Le groupe, composé de 37 Nigérians et de 5 ressortissants chinois, a comparu devant la juge principale Anna O. Mendy.
Initialement accusés de possession illégale d’appareils et de données, ainsi que d’extorsion, de fraude et de falsification liées à l’informatique, les prévenus avaient plaidé « non coupable » lors de leur première comparution le 8 septembre 2025. Toutefois, ils ont changé de position lors de leur deuxième audience.
Selon le procureur de police, le commissaire adjoint F. Touray, les arrestations ont fait suite à une descente en août 2025 menée par les agents du poste de police de Serekunda après un renseignement. L’opération visait deux bâtiments le long de Coastal Road à Yundum, l’un servant de résidence et l’autre de base opérationnelle pour le réseau. Dix-sept ressortissants nigérians ont été arrêtés sur place, et un grand nombre d’appareils ont été saisis, notamment des iPhones, des téléphones Android, des ordinateurs portables et des passeports nigérians.
Le procureur a indiqué que d’autres enquêtes avaient révélé l’existence d’un réseau de cybercriminalité sophistiqué et de grande envergure géré par les suspects sous la société GM Exchange Gambia Ltd. Une descente ultérieure à Kerr Sering a permis de découvrir encore plus de matériel, dont 166 ordinateurs de bureau, 112 iPhones et des cartes SIM. Le groupe exploitait des escroqueries en ligne avancées à travers des plateformes de réseaux sociaux comme WhatsApp, Telegram, Facebook et Instagram, ainsi que via des plateformes de cryptomonnaie telles que Coinbase et Crypto.com. Des VPN étaient utilisés pour dissimuler leurs localisations numériques.
La police a allégué que les ressortissants chinois étaient les cerveaux de l’opération, recrutant et finançant les opérateurs nigérians, qui avaient été formés à des schémas frauduleux en ligne. Le groupe avait également tenté de dissimuler ses documents de voyage pour entraver l’application de la loi.
Au cours de l’audience, l’accusation a présenté 20 photographies comme preuves des objets saisis. L’avocat de la défense, Senior Advocate L.S. Camara, a demandé la clémence, arguant que les accusés étaient des délinquants primaires, qu’ils avaient fait gagner du temps au tribunal en plaidant coupable, et qu’aucune plainte individuelle ni perte financière n’avait été enregistrée. Il a exhorté le tribunal à ne pas prononcer de peines d’emprisonnement.
Entre-temps, l’accusation ne s’est pas opposée à la demande de clémence, mais a requis que tout le matériel utilisé dans les crimes soit confisqué par l’État. Il a également invoqué l’article 16 de la loi sur l’immigration, recommandant que les accusés soient expulsés à leurs propres frais après le prononcé de la peine.
L’affaire a été ajournée à aujourd’hui, 15 septembre 2025, pour le prononcé de la sentence, tandis que le groupe reste en détention.

