Par: Binta Jaiteh
Le Edward Francis Small Center for Rights and Justice (EFSCFRJ) a accusé le gouvernement gambien d’avoir trahi les espoirs de la « Nouvelle Gambie », avertissant que les acquis démocratiques sont sapés par la répression, la corruption et la restriction de l’espace civique.
Dans un communiqué publié jeudi, le groupe a affirmé que les récentes détentions de membres de Gambians Against Looted Assets (GALA) et de Team Gom Sa Bopa étaient motivées politiquement, et non criminellement. Il a décrit leurs arrestations comme faisant partie d’une tendance inquiétante de répression gouvernementale.
L’EFSCFRJ a rappelé qu’en décembre 2016, les Gambiens s’étaient unis sous le slogan « Gambia Has Decided », une déclaration d’espoir pour une nation fondée sur la liberté, la démocratie et la responsabilité, sous le principe du « Plus jamais ça ». Le communiqué a soutenu que ces aspirations ont été remplacées par des pratiques rappelant le passé.
« Au lieu de protéger la liberté, l’État a eu recours à des arrestations et détentions arbitraires, à la brutalité policière, à l’usage indiscriminé de gaz lacrymogène et à la suppression de la dissidence », a averti le groupe. « Le mantra ‘Plus jamais ça’ a été réduit à une simple rhétorique, tandis que la réalité vécue par les Gambiens est celle d’un espace civique en diminution, d’une corruption croissante et du retour des pratiques que nous avons combattu pour laisser derrière nous. »
L’organisation a exhorté le gouvernement à restaurer les droits fondamentaux, à mettre fin à la persécution des manifestants et à se réengager en faveur des valeurs démocratiques. Elle a rappelé aux autorités que « Plus jamais ça » était un pacte entre dirigeants et citoyens pour rejeter la répression et l’impunité.
L’EFSCFRJ a également salué GALA et Team Gom Sa Bopa pour leur « position déterminée et consciente en défense de la Constitution et de la démocratie ». Elle a exhorté les jeunes Gambiens à reconnaître leur devoir de tenir l’État responsable et à rester engagés dans la protection de la République.
« Tout manquement à cela », a conclu le communiqué, « risque de replonger notre nation dans l’obscurité de l’autoritarisme. »
Le groupe a déclaré 2025 comme étant « L’année de la transparence et de la responsabilité », un appel qui, selon lui, devrait résonner dans tout le pays à mesure que les citoyens réclament une démocratie digne des sacrifices de 2016.

