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Le registraire général admet des lacunes dans la gestion des avoirs saisis de Jammeh

Par: Fatou Krubally

L’ancien registraire général, Abdoulie Colley, réapparu hier devant le Comité spécial de sélection sur la vente et la cession des avoirs identifiés par la Commission Janneh, a reconnu que des lacunes dans son bureau avaient affecté la gestion des biens et actifs liés à l’ancien président Yahya Jammeh et à ses associés.

Colley a été confronté à des questions pressantes sur les raisons pour lesquelles des ordonnances clés de la Haute Cour n’avaient pas été exécutées et pourquoi les demandes de la commission étaient restées largement sans suite durant son mandat.

Colley a reconnu que des ordonnances permanentes de la Haute Cour obligeaient le registraire général à prendre possession des avoirs appartenant à l’ancien président. Cependant, il a expliqué qu’il n’avait pas immédiatement assumé cette responsabilité en raison de l’absence d’une passation formelle de son prédécesseur et de sa volonté d’éviter d’agir sans autorité légitime. « La mémoire institutionnelle est importante. Je ne l’ai pas héritée, et ils n’ont pas proposé de tout me transmettre », a-t-il déclaré au comité.

Le comité a demandé pourquoi Colley n’avait pas pris contact avec le procureur général ou le solicitor general pour obtenir des informations sur le groupe de travail mis en place par son prédécesseur. Il a admis qu’il aurait pu le faire mais a soutenu qu’à l’époque, le manque de transition formelle rendait une action immédiate imprudente. Il a également évoqué des retards administratifs, notamment des collègues qui n’avaient pas libéré leurs bureaux, compliquant davantage le processus de passation.

Par ailleurs, il a confirmé qu’il n’était pas au courant de certaines ventes d’actifs, y compris de véhicules et de bétail, effectuées par la commission, jusqu’à ce que le ministère de la Justice convoque une réunion de suivi à la suite d’une résolution de l’Assemblée nationale. Il a affirmé qu’il n’agissait que lorsque les affaires lui étaient officiellement soumises et a nié tout rôle direct dans les ventes mal gérées.

Le registraire général a également abordé la question de l’annulation des titres fonciers. Il a expliqué que, bien qu’il ait reçu des notes internes lui ordonnant d’annuler les titres, il s’était limité à les enregistrer comme charges, arguant qu’elles n’avaient pas d’effet juridique. Il a soutenu que le livre blanc du gouvernement, qui avait suivi les recommandations de la Commission Janneh de confisquer, vendre ou transférer des biens à un usage public, primait sur ces notes.

Son témoignage a mis en évidence des failles dans les processus institutionnels et a révélé les difficultés à appliquer les ordonnances judiciaires en période de transition. Tout en soulignant la prudence et le respect des procédures légales, les questions du comité ont montré comment des lacunes dans les passations et la communication ont contribué aux retards dans la gestion des avoirs liés à l’ancien président Jammeh, laissant des biens essentiels dans une zone d’incertitude juridique et administrative.

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