Par: Isatou Sarr
Le Parlement national de la jeunesse (PNJ) a exigé la libération immédiate et inconditionnelle de tous les jeunes arrêtés lors des récentes manifestations contre l’Autorité de régulation des services publics (PURA), y compris plusieurs de ses membres.
Dans un communiqué publié le 25 août 2025, Abdoulie O. Bah, greffier du PNJ, a déclaré que l’institution était « gravement préoccupée et profondément troublée » par le traitement réservé aux jeunes Gambiens qui ont été « injustement pris pour cible, arrêtés et détenus ».
Selon le communiqué, des jeunes, parmi lesquels des membres du mouvement GALA et d’autres citoyens préoccupés, s’étaient rassemblés pacifiquement devant les locaux de la PURA pour exprimer leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme l’incapacité de l’Autorité à défendre les intérêts des usagers d’internet. Au lieu d’un dialogue, les manifestants auraient été confrontés à l’intimidation, à des arrestations arbitraires et à leur détention dans divers commissariats de police.
Le PNJ a en outre relevé que lorsque certains jeunes arrêtés ont été présentés devant le tribunal de première instance, ils se sont vu refuser la liberté sous caution et ont été envoyés à la prison centrale de Mile II. En réaction, d’autres jeunes ont organisé une manifestation contre cette décision, mais ont également été arrêtés, y compris des parlementaires de la jeunesse élus « qui marchaient simplement et pacifiquement vers Banjul ».
Qualifiant ces arrestations « d’atteinte aux droits constitutionnels d’association, d’expression et de réunion », le PNJ a averti que la criminalisation de la voix des jeunes ne ferait qu’approfondir la méfiance entre les citoyens et les institutions de l’État.
Le Parlement de la jeunesse a formulé trois revendications : la libération de tous les jeunes détenus arbitrairement, la fin de l’intimidation et du harcèlement des jeunes Gambiens, et un engagement du gouvernement et des forces de sécurité à dialoguer de manière constructive avec la jeunesse.
« Nous rappelons aux autorités que les jeunes ne sont pas des ennemis de l’État. Ce sont des citoyens et des acteurs à part entière. Les réduire au silence par la force ne construira pas une meilleure Gambie », a conclu le communiqué.

