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Le responsable du parc automobile présidentiel auditionné par la commission parlementaire spéciale

Par : Fatou Krubally

Le responsable du parc automobile à la Présidence, M. Nfamara Saidybah, a comparu lundi devant la commission parlementaire spéciale sur la vente et la liquidation des biens identifiés par la Commission Janneh.

Il a déclaré que l’Inspecteur général de la police (IGP) avait agi sur instruction du secrétaire général et de l’ancien ministre des Finances lorsqu’il lui avait ordonné d’établir un inventaire des véhicules de l’ancien président Yahya Jammeh.

Comparant devant les députés, M. Saidybah a expliqué que le samedi 25 février 2017, il avait été convoqué au siège de la police mobile, où il a rencontré l’IGP, des officiers supérieurs de police, des agents du Service de renseignement d’État (SIS) ainsi que des membres de la garde d’État. Il a déclaré que l’IGP avait informé l’équipe rassemblée qu’il avait été chargé par le secrétaire général Dawda Fadera et l’ancien ministre des Finances Amadou Sanneh de former un groupe interministériel afin de recenser les véhicules laissés par Jammeh dans ses propriétés.

Le témoin a précisé que, bien qu’il soit directement rattaché au bureau du secrétaire général, il avait reçu l’ordre par l’intermédiaire de l’IGP, qui était devenu son supérieur immédiat pour l’exercice. Les instructions, a-t-il dit, étaient verbales et exigeaient que l’équipe vérifie physiquement, enregistre les numéros de châssis et photographie chaque véhicule.

Le lundi 27 février 2017, l’équipe s’est rendue à Kanilai, le village natal de Jammeh. Selon Saidybah, un total de 97 véhicules ont été inventoriés, dont cinq Rolls Royce, des Range Rover, des SUV, des pickups, des camions militaires, des tracteurs et des engins lourds. Parmi eux, 59 étaient hors d’usage, 16 non roulants, et seulement 22 en bon état.

Le processus, a ajouté Saidybah, a été mené en présence de la famille Jammeh et du personnel de sécurité sur place. Il a témoigné que le major Aluso, alors responsable de la résidence de Jammeh à Kanilai, avait facilité la communication avec l’ancien président, en exil à l’époque. Jammeh aurait donné son consentement à l’exercice après avoir été informé par téléphone.

L’équipe a ensuite élargi l’inventaire à d’autres propriétés de Jammeh, notamment la ferme de Farato, Siffoe et la State House à Banjul. Saidybah a souligné que l’inclusion d’agents du SIS, de gardes d’État et de photographes de la police visait à garantir la « transparence », afin que le processus ne soit pas une opération d’une seule agence.

L’avocat principal de la commission, Lamin Dibba, l’a interrogé sur les raisons pour lesquelles le secrétaire général ne lui avait pas donné directement des instructions, mais Saidybah a maintenu que « les raisons étaient mieux connues de l’IGP et du SG », insistant sur le fait que son rôle se limitait à exécuter les ordres.

Le témoignage de M. Saidybah éclaire la chaîne de commandement et l’implication de plusieurs agences dans le recensement de la vaste flotte de véhicules de Jammeh, soulevant de nouvelles questions sur l’ingérence de l’exécutif et la reddition de comptes dans le processus de récupération des biens après Jammeh.

 

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