Par : Isatou Sarr
Quinze manifestants ont été arrêtés lundi devant la prison centrale de Mile II alors que les tensions s’intensifiaient après la détention de 23 jeunes plus tôt dans la journée.
Les troubles ont commencé lorsque le magistrat Thomas Touray du tribunal de Kanifing a refusé la libération sous caution des 23 personnes arrêtées lors d’une manifestation vendredi.
La décision du tribunal a suscité la colère parmi les partisans réunis devant la salle d’audience, dont certains ont juré d’accompagner les détenus à la prison de Mile II, affirmant qu’ils n’avaient commis aucun crime.
Alors que les détenus étaient transportés, une confrontation a éclaté aux portes du tribunal entre les manifestants et les agents de police, y compris des membres de l’Unité d’intervention de la police (PIU).
Des témoins ont rapporté que la PIU a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, poussant certains jeunes à riposter par des jets de pierres. Au cours des affrontements, plusieurs manifestants — dont Omar Salibo Camara et Omar Sanyang — ont été arrêtés.
De nombreuses victimes ont été signalées. Parmi elles figuraient des passants, des journalistes, des agents de sécurité, une femme âgée et une mère avec son nourrisson, qui ont été pris en charge au siège de la Société de la Croix-Rouge de Gambie pour recevoir les premiers soins. L’activiste de renom, Madi Jobarteh, également touché par les gaz lacrymogènes, a reçu des soins à la clinique de Westfield.
Plus tard dans la journée, un autre groupe de 15 manifestants, dont quatre femmes, a été intercepté aux portes de la prison centrale de Mile II alors qu’il marchait en direction de Banjul pour protester contre les arrestations précédentes. Le groupe, dirigé par l’activiste environnemental Kemo Fatty, a insisté sur le fait que leur manifestation était pacifique et relevait de leurs droits légaux.
Fatty a fait appel à la police pour que la marche puisse se poursuivre, mais un chef inspecteur a ordonné l’arrestation immédiate de tout le groupe, invoquant des instructions officielles.
Ces arrestations interviennent dans un contexte de frustration publique croissante face à l’application continue de la Loi sur l’Ordre public et à ce que les critiques qualifient de musèlement de la dissidence pacifique. L’incident met en évidence les tensions croissantes entre les autorités et les organisations de la société civile en Gambie.

