
Par: Fatou Krubally
Comparution de nouveau devant le Comité spécial chargé d’enquêter sur la vente et l’aliénation des biens identifiés par la Commission Janneh jeudi, l’ancien secrétaire du Cabinet, Ebrima Ceesay, a détaillé les événements ayant conduit au renvoi de l’ancien secrétaire de la Commission Janneh, Alhagie Mamadi Kurang.
Ceesay a témoigné que le 26 juin 2018, il s’était rendu à l’atelier de Kotu pour transmettre une directive de l’exécutif concernant la suspension de la vente des tracteurs de l’ancien président Jammeh. Il a raconté qu’à son arrivée, il avait dû identifier Kurang parmi la foule, ne le connaissant pas personnellement. « J’ai demandé à mon collègue de chercher M. Kurang parmi la foule. Puis je me suis dirigé vers lui pour lui transmettre le message », a déclaré Ceesay.
Selon Ceesay, Kurang a refusé de prendre des instructions verbales, insistant sur le fait qu’il ne suivait que les directives du président de la Commission. Ceesay a rapporté la défiance de Kurang au Secrétaire général, qui a ensuite donné instruction de le renvoyer. « Après avoir transmis le message au Secrétaire général, la prochaine étape a été de mettre fin à ses fonctions », a-t-il confirmé.
Le témoin a souligné que la directive avait pris la forme d’une lettre datée du 3 juillet 2018, adressée au président de la Commission, avertissant Kurang de rétracter ses propos suggérant une collusion entre le Secrétaire général et le conseiller principal de la Commission, faute de quoi il s’exposait à des « conséquences indésirables ».
Il a insisté sur le fait que, bien que la Commission ait été une instance quasi décisionnelle, l’exécutif avait émis des instructions définitives. « Une fois que le Secrétaire, comme il l’aurait dû, a défié les instructions verbales, le Cabinet a effectivement pris sa position et l’a renvoyé », a-t-il déclaré.
Le témoignage a également suscité un débat sur les protocoles bureaucratiques et les lignes hiérarchiques, Ceesay soulignant que l’administration publique fonctionne par niveaux d’autorité. Le refus de Kurang, a-t-il soutenu, était conforme à la procédure administrative appropriée, car les instructions provenaient de l’extérieur de sa ligne hiérarchique.
Le Comité devrait poursuivre l’examen de l’étendue de l’influence de l’exécutif sur les décisions de la Commission et déterminer si la procédure régulière a été respectée dans le renvoi de Kurang.

