Par: Fatou Krubally
Le contrôleur des véhicules à la State House, Famara Saidy Bah, a déclaré mardi devant le Comité spécial de sélection de l’Assemblée nationale que son bureau ne tenait pas un fichier maître unique regroupant tous les véhicules du gouvernement.
Au lieu de cela, a-t-il précisé, les registres des véhicules sont conservés séparément par les ministères, soulevant de nouvelles interrogations quant à la transparence dans la gestion des biens de l’État.
Le témoignage de Saidy Bah est intervenu lors des auditions sur la vente et la cession de biens identifiés par la Commission Janneh.
Interrogé, Bah a expliqué que chaque ministère soumet un inventaire annuel sous format papier, que son bureau saisit ensuite dans un système informatique. Les documents physiques sont ensuite archivés dans des dossiers propres à chaque ministère. Bien que cela fournisse un registre pour chaque institution, cela ne permet pas de constituer une liste consolidée de l’ensemble du parc automobile gouvernemental.
L’avocat principal du comité a exprimé son inquiétude face à l’absence d’un fichier central imprimé, estimant que cela compliquait la supervision. Bah a toutefois précisé que son bureau avait une « compréhension assez claire » de l’ensemble du parc malgré la fragmentation des registres.
L’avocat principal a également cherché à savoir comment les véhicules appartenant aux agences de sécurité et autres institutions spéciales étaient gérés. Bah a répondu que ces agences, y compris le SIS et les unités paramilitaires, tiennent leurs propres registres mais coordonnent avec son bureau afin de garantir que les inventaires soient saisis dans le système.
Concernant les véhicules associés à l’ancien président Yahya Jammeh, Bah a reconnu qu’il était difficile de distinguer entre les voitures appartenant à l’État et celles introduites à la State House sous Jammeh. Il a expliqué que certains véhicules avaient été introduits à son insu, tandis que d’autres n’étaient enregistrés que sur instruction spécifique de ses supérieurs.
Le comité a ensuite levé la séance après la session de mardi et poursuivra demain avec les témoignages d’autres témoins. Famara Saidy Bah doit toutefois comparaître de nouveau le mercredi 27 août 2025 afin de poursuivre son témoignage, qui devrait apporter des éclaircissements sur la gestion des véhicules sous Jammeh et examiner davantage les lacunes de responsabilité dans la gestion du parc automobile gouvernemental.

