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L’Assemblée nationale entend comment la secrétaire de la Commission Janneh rendait compte au ministère de la Justice et non à la Commission

Par: Fatou Krubally

Le comité spécial de l’Assemblée nationale enquêtant sur la vente et la cession d’actifs identifiés par la Commission Janneh a entendu, lundi, un témoignage révélant des lacunes dans l’administration de la commission, lorsque son ancienne secrétaire, Mme Ramatoulie Sarr, a reconnu avoir rendu compte au ministère de la Justice au lieu de la direction de la commission.

Mme Sarr, qui a rejoint la commission en 2017 sur instruction de l’ancien procureur général Abubacarr Tambadou, a déclaré aux députés qu’elle n’avait reçu aucune lettre de nomination officielle au départ. Elle a ensuite reçu une lettre datée du 9 juillet 2018 du solliciteur général la nommant secrétaire adjointe, mais elle a insisté sur le fait que ses fonctions restaient largement administratives.

« Mon rôle à la commission se limitait aux fonctions administratives, principalement au traitement des paiements des commissaires et du personnel », a-t-elle témoigné, ajoutant qu’elle continuait à travailler depuis le ministère de la Justice et ne se rendait à la commission que lorsque des paiements devaient être effectués.

Le comité l’a pressée de dire si elle suppléait réellement le secrétaire de la commission alors qu’elle ne recevait pas d’instructions de sa part. Mme Sarr a admis qu’à part faciliter les paiements par le biais du Système intégré de gestion des finances publiques (IFMIS), elle n’était pas impliquée dans les travaux quotidiens de l’enquête.

Elle a en outre confirmé qu’entre juillet 2018 et mars 2019, la commission fonctionnait sans secrétaire titulaire, ce qui l’a amenée à diriger le secrétariat sans avoir été officiellement investie par le Président.

Le conseiller principal a souligné l’irrégularité de sa position, notant qu’elle percevait un honoraire de la commission tout en poursuivant ses fonctions de secrétaire permanente adjointe au ministère de la Justice. Mme Sarr a défendu cet arrangement, affirmant qu’elle « remplissait en partie les fonctions de la commission, en particulier pour les paiements ».

Son témoignage a renforcé les inquiétudes exprimées précédemment sur la manière dont la Commission Janneh était dotée en personnel, révélant une frontière floue entre le ministère de la Justice et le secrétariat de la commission.

Les révélations de Mme Sarr ont mis en évidence l’absence de procédures claires dans la nomination et la définition des rôles au sein de la Commission Janneh, soulevant des questions sur son intégrité administrative durant l’une des enquêtes nationales les plus sensibles du pays.

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