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La Gambie et le Sénégal lancent des réunions transfrontalières de concertation

Par: David Kujabi

Chargé de communication – DCAF

Les gouvernements de la Gambie et du Sénégal ont officiellement lancé une semaine de réunions transfrontalières de concertation au poste frontalier d’Amdalai.

L’initiative réunit des institutions nationales, des agences frontalières et des partenaires internationaux afin de renforcer la coopération, de promouvoir une gestion intégrée des frontières et d’améliorer la sécurité ainsi que le bien-être des communautés frontalières.

Les réunions, organisées conjointement par le Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Bureau de la sécurité nationale (ONS) et le Secrétariat permanent sénégalo-gambien (PSSG), se dérouleront du 18 au 21 août 2025. Elles ont lieu en deux points de passage stratégiques : Amdalai, dans la région de North Bank, et Sabi, dans la région de l’Upper River.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le lieutenant-colonel Abdoulie Manneh, directeur de la Défense et de la Sécurité du PSSG, qui a souligné l’importance de ces concertations pour favoriser la confiance mutuelle et la coordination opérationnelle entre les deux pays. Il a rappelé que la coopération transfrontalière efficace est essentielle pour la stabilité régionale, la facilitation des échanges commerciaux et la protection des populations frontalières.

Ouvrant la réunion à Amdalai, M. Mark Lynch, chef du bureau du DCAF, a mis en avant l’approche coordonnée derrière cette initiative, s’appuyant sur l’expertise du DCAF et de l’OIM. Pour le DCAF, cette activité s’inscrit dans le cadre du processus de réforme du secteur de la sécurité en Gambie, financé par l’UE, afin d’améliorer la sécurité et de renforcer la gestion des frontières et des migrations. Il a insisté sur le fait que ces efforts conjoints reflètent une solidarité internationale visant à promouvoir une gouvernance frontalière plus sûre, plus coordonnée et centrée sur les populations.

Les réunions, co-organisées par l’OIM Gambie et Sénégal, s’inscrivent dans le cadre du projet « Renforcement des capacités de gestion des frontières de la Gambie pour promouvoir la paix, la stabilité et la sécurité », financé par le Japon, et du projet « Traiter les facteurs et causes de vulnérabilité en matière de migration au sein des communautés frontalières le long du corridor de transport Trans-Gambie », financé par le Fonds fiduciaire multidonateurs pour les migrations. Ces deux projets visent à contribuer à une migration sûre, ordonnée et régulière grâce à une amélioration des capacités de gouvernance frontalière.

Représentant les institutions de sécurité sénégalaises, le capitaine Momodou Gueye de la gendarmerie sénégalaise a réaffirmé l’engagement du Sénégal en faveur de la coopération. Il a souligné que des défis tels que la migration irrégulière, la contrebande et la traite ne peuvent être résolus isolément, et a appelé à un dialogue soutenu et à des actions conjointes.

Prononçant une allocution au nom du conseiller national à la sécurité, M. Landing Kinteh, chef de cabinet au Bureau de la sécurité nationale (ONS), a évoqué le rôle de coordination de l’ONS et a insisté sur le fait que ces réunions constituent une étape cruciale vers l’harmonisation des approches, l’amélioration des canaux de communication et le renforcement de la coopération bilatérale en matière de sécurité.

Les deux sites retenus ont été choisis pour leur importance stratégique. Amdalai, l’un des points de passage les plus fréquentés du corridor transgambien, joue un rôle central dans les échanges commerciaux et la circulation régionale. Sabi, à la frontière de la région de Casamance au Sénégal, se situe sur une route moins formelle mais de plus en plus active reliant plusieurs États d’Afrique de l’Ouest, et présente des défis particuliers liés à la migration et à la sécurité transfrontalière.

Chaque réunion réunira 32 participants venant de Gambie et du Sénégal, dont des responsables frontaliers, des agents des douanes, des policiers, des chefs communautaires et des autorités locales. Des sessions interactives porteront sur les opérations conjointes, les études de cas et les perspectives communautaires, dans le but d’élaborer des recommandations concrètes pour améliorer la coopération.

D’ici la fin de la semaine, ces concertations devraient aboutir à des mesures concrètes pour un renforcement de la coordination, un resserrement des liens institutionnels et des approches inclusives garantissant que les mesures de sécurité protègent également les moyens de subsistance et respectent les droits des communautés frontalières.

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