
Par: Rohey Samba
Pour lutter contre la malnutrition et soutenir les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les filles, l’UNICEF Gambie et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont conjointement signé un protocole d’accord (Memorandum of Understanding, MOU) afin de fournir des services aux groupes et communautés vulnérables en Gambie.
La cérémonie officielle de signature s’est tenue à l’hôtel Ocean Bay, à Cape Point, le mercredi 13 août 2025.
Prenant la parole avant la signature, Mme Nafisa Binte Shafique, représentante-pays de l’UNICEF en Gambie, a souligné l’importance de ce protocole. Selon elle, ce MOU constitue « une étape audacieuse en avant » et reflète « notre détermination commune à soutenir le leadership du gouvernement en matière d’action humanitaire, de préparation et de réponse aux urgences ». Elle a ajouté qu’il renforcera les systèmes aux niveaux national et infranational.
Elle a précisé que ce protocole s’aligne sur la trajectoire de la Gambie vers les Objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’ODD 2 et l’ODD 3, et qu’il repose sur la Convention relative aux droits de l’enfant, la Déclaration et le Plan d’action de la Conférence internationale sur la nutrition, ainsi que sur le Plan national de développement 2023-2027 axé sur la relance du pays.
Au nom de l’UNICEF, elle a adressé sa profonde reconnaissance à leurs partenaires fidèles du PAM, au gouvernement gambien pour son leadership, à leurs collègues onusiens ainsi qu’à tous les partenaires, et plus particulièrement à leur coordonnateur résident pour un leadership cohérent et responsable.
De son côté, la coordinatrice-pays du PAM, Mme Miranda Sende, a révélé que la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Gambie demeure fragile : « 24 % de la population sont en insécurité alimentaire, dont 2 % en insécurité grave », selon l’Enquête nationale sur la sécurité alimentaire et la nutrition 2024.
Elle a ajouté que la malnutrition aiguë globale chez les enfants de 6 à 59 mois persiste, avec une prévalence de 8,8 % d’après l’enquête sentinelle nutritionnelle 2024. « La malnutrition chronique atteint quant à elle 17,8 %. »
Cependant, elle a estimé que la collaboration entre le PAM et l’UNICEF pour lutter contre la malnutrition en Gambie est essentielle. Elle s’est dite satisfaite de la signature : « Je suis honorée et fière de renouveler et de renforcer notre partenariat à travers ce protocole d’accord. Il servira de base à la poursuite de nos efforts conjoints pour lutter contre la malnutrition, l’insécurité alimentaire et renforcer la préparation aux urgences en Gambie. »
Ce partenariat visera également à améliorer les installations WASH (eau, assainissement et hygiène) dans les écoles, à sensibiliser au changement climatique et à promouvoir l’égalité des sexes, a-t-elle ajouté.
Dans son intervention, Karl Fredreck Paul, coordonnateur résident des Nations unies, a déclaré que ce MOU représente une étape cruciale du partenariat et réaffirme l’engagement des deux agences à unir leurs forces et leur expertise pour combattre toutes les formes de malnutrition en Gambie, « en particulier celles qui touchent les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les filles ».
Il a souligné que ce protocole pose également les bases d’une coopération dans divers autres domaines, notamment l’éducation, le changement climatique et la protection sociale.
Il a en outre exprimé sa conviction que la collaboration interinstitutions est indispensable pour améliorer l’efficacité et l’efficience des actions.
En conclusion, il a salué le travail accompli par l’UNICEF et le PAM et a remercié le gouvernement pour son soutien constant : « Votre dévouement et votre engagement nous guideront à l’avenir. »

