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L’ancien secrétaire de la Commission Janneh témoigne devant le Parlement

Par: Fatou Krubally

Mamadi Kurang, ancien secrétaire de la Commission Janneh, a déclaré aux parlementaires que l’enquête de grande envergure sur les biens de l’ancien président Yahya Jammeh a été affaiblie par le contrôle financier strict du ministère de la Justice et l’influence excessive de son principal conseiller juridique.

Kurang a témoigné mercredi devant le comité spécial de l’Assemblée nationale chargé d’examiner la gestion et la vente des biens identifiés par la commission. Il a expliqué que, malgré son rôle à la tête du secrétariat, de nombreuses décisions et tâches clés étaient souvent prises sans son implication.

Kurang a indiqué que, bien que lui-même et un autre commissaire aient élaboré un budget opérationnel complet, on leur avait dit que le ministère de la Justice contrôlerait les fonds et ne les débloquerait que sur demande. « Nous avons exprimé des inquiétudes quant au fait que cela pourrait ralentir notre travail, et ce fut le cas », a-t-il déclaré au comité, avertissant qu’un tel arrangement risquait de freiner les progrès de la commission et de limiter son indépendance.

L’ancien secrétaire a expliqué que sa mission consistait à gérer l’administration et à servir de point de contact principal pour toutes les questions liées à la commission. Cependant, il a décrit des chevauchements fréquents avec la principale avocate, qui, selon lui, assumait des fonctions qui auraient dû rester du ressort du secrétariat. « Il y avait des tâches administratives qui, en principe, devaient passer par moi, mais la conseillère principale les gérait directement », a-t-il affirmé.

Kurang a cité un exemple de conflit concernant des informations internes. Il a rapporté que la conseillère principale lui avait un jour dit que certaines informations ne lui étaient pas destinées, ce à quoi il a répondu que ces informations appartenaient à tous les Gambiens.

Il a également informé les députés que les évaluations des biens saisis provenaient principalement du ministère des Terres, mais que certains actifs comme les bovins et les véhicules avaient été évalués par des individus qu’il n’avait pas engagés directement, notamment un expert privé nommé M. Njie, dont le lien avec la commission, selon lui, venait probablement de la conseillère principale.

Malgré ces contraintes, Kurang a soutenu que le travail de la commission avait été novateur, mais il a insisté sur le fait que toute enquête future devrait disposer d’un budget clair et de lignes d’autorité bien définies pour fonctionner de manière indépendante

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