Par: Fatou Krubally
La Commission d’enquête sur les collectivités locales a entendu jeudi les témoignages de deux hommes d’affaires clés impliqués dans des transactions foncières controversées avec le Conseil municipal de Banjul (BCC), les deux ayant reconnu l’absence de titre de propriété formel malgré des paiements importants.
Chabell Elhajj, témoin à l’enquête, a admis n’avoir jamais reçu de bail ou d’acte officiel pour une parcelle litigieuse censément transférée à EMK Stores. Elhajj a révélé avoir payé deux millions de dalasis au BCC sur la base d’un accord verbal lié à l’assemblage de biens ménagers, mais sans aucune preuve juridique de propriété.
Interrogé par l’avocat principal Patrick Gomez, Elhajj a reconnu que les paiements au BCC provenaient de EMK Stores, et non de ses fonds personnels. Des documents présentés ont montré qu’Elhajj avait reçu plus de dix millions de dalasis de la part de EMK Stores entre 2019 et 2021, mais il a affirmé n’avoir couvert que les frais administratifs de sa propre poche.
La Commission a été informée qu’une lettre du conseil avait donné à Elhajj l’impression qu’un terrain lui avait été attribué, mais l’avocat principal a précisé que cette lettre ne donnait accès qu’à une inspection en attendant un bail formel, qui n’a jamais été signé. Sans bail signé, Elhajj a reconnu qu’il ne pouvait revendiquer la propriété et s’est engagé à soumettre d’autres relevés bancaires et reçus.
Par ailleurs, l’homme d’affaires Momodou Korka Jallow a témoigné avoir versé plus de 1,3 million de dalasis au BCC pour une parcelle de 175m sur 125m à Bond Road depuis 2017, mais sans jamais en avoir pris possession. Il a révélé un solde impayé d’environ 700 000 dalasis, expliquant qu’il a retenu le paiement final en raison d’un embargo sur le terrain.
Jallow a présenté des reçus officiels et des documents de bail, mais a expliqué qu’il n’a toujours pas développé le terrain ni officiellement demandé de remboursement, espérant une résolution éventuelle.
Les deux témoignages mettent en lumière les difficultés dans l’administration foncière du BCC et les efforts continus de la Commission pour clarifier la propriété, les paiements et les procédures du conseil.
La Commission a admis tous les témoignages et preuves au dossier et pourrait rappeler les témoins pour d’autres interrogations à mesure que l’enquête progresse.

