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Le Parlement révèle des écarts de 253 milliards de dalasis

Par: Fatou Krubally

La Commission permanente des finances et des comptes publics (FPAC) du Parlement a révélé jeudi des écarts financiers alarmants dans les comptes audités du gouvernement pour l’année 2020, mettant en évidence un écart de conversion monétaire de plus de 253 milliards de dalasis ainsi que des dépenses non autorisées qui compromettent la responsabilité budgétaire.

À la suite d’un exercice rigoureux de contrôle parlementaire mené entre octobre 2023 et février 2024, la Commission a mis à nu d’importantes faiblesses dans la gestion des finances publiques, telles que détaillées dans le rapport de l’Auditeur général et corroborées par plusieurs agences publiques, conseils de collectivités locales et institutions de santé.

Parmi les problèmes les plus flagrants figure un écart de 253 716 855 439,67 D entre le solde converti du compte en dollars du Projet Spécial et le montant divulgué dans les états financiers. En outre, des écarts ont été notés dans la conversion des comptes libellés en devises étrangères, signalant des lacunes dans l’exactitude des rapports financiers.

La Commission a également condamné la pratique généralisée de virements non approuvés, totalisant plus de 246 millions de dalasis, dont vingt virements à hauteur de 79 millions de dalasis utilisés pour créer de nouveaux postes sans respecter la Loi sur les finances publiques ni les règlements financiers. De manière choquante, de nombreux virements ont été effectués sans en informer les ministères, départements et agences (MDAs) concernés, enfreignant ainsi les procédures établies.

Des encaissements non autorisés de chèques annulés d’un montant supérieur à 62 millions de dalasis, des comptes de transfert non rapprochés avec des soldes non résolus dépassant 1 milliard de dalasis, ainsi que l’absence de pièces justificatives pour des paiements totalisant des milliards de dalasis, brossent un tableau de contrôles internes laxistes et de mauvaise gestion des actifs.

Le rapport de la FPAC a également mis en lumière de graves défaillances dans les mécanismes de collecte de recettes et de reddition de comptes, notamment au sein du Département de la géologie et de la pêche, où l’absence de reçus, de carnets de reçus détachés, des dépôts bancaires retardés d’un montant de plus de 7 millions de dalasis, ainsi qu’une documentation inadéquate suggèrent une dissimulation délibérée des recettes publiques.

Les irrégularités en matière de passation de marchés sont tout aussi préoccupantes. Des paiements totalisant 649 300 dalasis ont été effectués par le biais de marchés de gré à gré injustifiés, tandis que des factures étaient souvent reçues avant même les demandes de devis, en violation des directives de l’Autorité des marchés publics.

La Commission a émis de fermes recommandations exigeant des mesures correctives immédiates, y compris la réconciliation complète des écarts, le respect de la Loi sur les finances publiques, la soumission rapide des documents requis, ainsi que le renvoi des questions non résolues aux autorités d’enquête.

Soulignant l’urgence de la situation, le président de la FPAC, l’honorable Alhagie S. Darbo, a insisté sur la nécessité de réformes globales et d’un renforcement de l’application de la discipline financière afin de restaurer la confiance du public et d’assurer une utilisation judicieuse des ressources publiques.

La Commission a appelé le ministère des Finances et toutes les agences concernées à se conformer pleinement aux cadres de gouvernance et à mettre en œuvre les mesures correctives dans les délais impartis, avertissant que tout manquement entraînera des poursuites judiciaires.

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