Par: Haddy Touray
Seedy S.K. Njie, vice-président de l’Assemblée nationale, a déclaré que l’Afrique se trouve à l’avant-garde d’une révolution numérique, tout en avertissant que le continent est de plus en plus exposé à des cybermenaces transfrontalières qui compromettent les infrastructures critiques et érodent la confiance du public.
L’honorable Njie, qui préside également la Commission de la défense de l’Assemblée nationale, s’est exprimé lors de la 8e Conférence du Réseau des parlementaires africains membres des commissions de défense et de sécurité (REPAM-CDS), qui s’est tenue le mardi 1er juillet 2025 à Abuja, au Nigeria.
Il a indiqué que la Gambie, bien qu’encore relativement novice dans sa transformation numérique, n’était pas à l’abri de ces menaces. Ces dernières années, le pays a enregistré des tentatives d’intrusion, des attaques de phishing et des vulnérabilités dans les réseaux gouvernementaux.
Plus inquiétant encore, il a souligné la montée de la désinformation, notamment en période électorale sensible.
« Lors de l’élection présidentielle de 2021, la désinformation sur les réseaux sociaux a menacé la stabilité démocratique et l’ordre public, soulignant le besoin urgent de garanties légales, d’éducation médiatique et de préparation institutionnelle face à la guerre de l’information », a-t-il précisé.
Malgré ces défis, l’honorable Njie a affirmé que la technologie numérique, si elle est bien exploitée, peut renforcer considérablement l’architecture de sécurité nationale. Il a expliqué que, grâce à la Stratégie gouvernementale numérique 2020–2024, la Gambie a accordé la priorité au développement des infrastructures numériques de l’État, à l’échange inter-agences de données et à l’automatisation des services afin de renforcer la transparence et la responsabilité.
Il a mis en avant la création du Comité national de cybersécurité, composé de toutes les autorités de sécurité, de renseignement et des TIC concernées, le qualifiant d’étape vers une approche gouvernementale globale en matière de défense numérique.
L’honorable Njie a également révélé que des efforts sont en cours pour rendre opérationnelle l’Équipe nationale de réponse aux incidents et à la sécurité informatique (CSIRT), qui fournira bientôt une surveillance en temps réel, des alertes précoces et des réponses coordonnées aux menaces cybernétiques nationales.
Il a exhorté les parlementaires à dépasser le cadre de l’élaboration des politiques pour adopter des lois solides, allouer les ressources nécessaires et exercer un contrôle parlementaire efficace.
Il a ajouté que la Gambie a adopté la Loi modifiée sur les communications et l’information, qui établit les bases de la gouvernance numérique et des communications sécurisées.
Actuellement, le projet de loi sur la protection des données personnelles et la cybercriminalité est en cours d’examen en commission à l’Assemblée nationale. Il vise à criminaliser les comportements cybernétiques malveillants, à protéger les données personnelles et à réglementer les prestataires de services numériques.
Il a précisé que ce processus législatif s’inspire des lois modèles de la CEDEAO et est aligné sur la Convention de Malabo, à laquelle la Gambie est signataire.

