Par: Fatou Krubally
L’Assemblée nationale a demandé des réponses claires au ministre de la Défense concernant la présence prolongée des soldats sénégalais en Gambie, les députés appelant à un plan de retrait concret maintenant que le pays est en paix.
Lors d’une session animée mercredi, l’honorable député de Janjanbureh, Omar Jammeh, a pressé le ministre de la Défense, l’honorable Sering Modou Njie, de présenter des preuves matérielles d’un accord justifiant la présence des forces sénégalaises et d’indiquer une date de départ prévue.
En réponse, le ministre a expliqué que les troupes font partie de la mission de la CEDEAO en Gambie (ECOMIG), opérant dans le cadre d’un accord régional qui comprend également des soldats du Ghana et du Nigeria.
Il a également précisé que la Gambie et le Sénégal ont signé un accord bilatéral distinct de coopération en matière de défense et de sécurité en 2017, mais a souligné que cet accord est différent du déploiement d’ECOMIG.
Malgré ces explications, plusieurs députés sont restés insatisfaits. L’honorable député de Foni Bintang, Bakary K. Badjie, a demandé pourquoi aucun calendrier clair n’a encore été fixé pour le retrait des troupes étrangères, arguant que la situation sécuritaire ne le justifie plus.
L’honorable député de Sabach Sanjal, Alagie B. Ceesay, a également demandé au ministre de clarifier sous quel accord spécifique les soldats sénégalais stationnés à Foni et à Banjul sont déployés. Le ministre a réaffirmé que toutes les troupes sont sous l’autorité de l’ECOMIG, et non de l’accord bilatéral.
La frustration a augmenté lorsque des députés ont évoqué un scandale impliquant deux gendarmes sénégalais accusés d’avoir volé des biens dans la résidence de l’ancien président Yahya Jammeh à Kanilai. L’honorable député de Foni Bintang a jugé inacceptable que des soldats étrangers volent des biens de l’État et a demandé si des commerçants locaux ayant acheté les objets volés avaient été poursuivis.
Le ministre a répondu qu’il n’était pas au courant d’un quelconque suivi mais a confirmé que les deux soldats avaient été renvoyés par les autorités sénégalaises.
La session s’est terminée avec une demande des députés que l’accord bilatéral complet avec le Sénégal soit soumis à l’Assemblée pour examen. Le ministre a promis de le présenter, mais sans fixer de date.
Ces échanges tendus ont mis en lumière les inquiétudes croissantes des parlementaires concernant la souveraineté nationale, la transparence et la nécessité d’un plan clair pour le retrait des forces étrangères du sol gambien.

