Site icon

Le Centre Edward Francis Small pour les Droits et la Justice (EFSCRJ) alerte sur le coût économique du scandale pétrolier

Par: Fatou Krubally

Le Centre Edward Francis Small pour les Droits et la Justice (EFSCRJ) a lancé une mise en garde ferme concernant les conséquences économiques et sociales du scandale pétrolier russe récemment révélé en Gambie.

L’analyse du centre, basée sur le rapport d’enquête parlementaire de 112 pages, met en lumière le coût élevé de la corruption et de la mauvaise gouvernance dans le secteur pétrolier du pays.

L’enquête conjointe menée par les commissions des Finances et des Comptes publics (FPAC) et des Entreprises publiques (PEC) de l’Assemblée nationale a révélé que l’importation et la vente illégales de pétrole russe d’une valeur de 30 millions de dollars ont impliqué corruption, évasion fiscale et blanchiment d’argent. Des entreprises comme Apogee FZC, Creed Energy et Ultimate Beige Logistics ont exploité des failles réglementaires et collaboré avec des agents publics pour éviter de payer des impôts et manipuler le marché des carburants.

Le résumé de l’EFSCRJ dévoile que des institutions clés, dont le Registre du commerce, l’Unité de renseignement financier, l’Autorité fiscale de Gambie (GRA) et l’Autorité de régulation des services publics, ont failli à faire appliquer les réglementations. Le rapport met aussi en évidence des interférences de hauts responsables ayant bloqué des enquêtes policières et permis des transactions financières suspectes, incluant des transferts de millions de dollars vers l’étranger.

Le centre avertit que ces lacunes reflètent une culture plus large d’impunité où la corruption prospère au détriment du développement national. Les pertes financières ont des impacts considérables, privant l’État de revenus nécessaires pour financer des services essentiels tels que la santé, l’éducation et les programmes pour la jeunesse, tout en augmentant les risques sociaux tels que la criminalité et la migration illégale.

L’EFSCRJ appelle tous les Gambiens à s’impliquer activement dans la demande de comptes. Les partis politiques sont encouragés à mener les efforts pour la justice, la société civile à renforcer son plaidoyer, et les médias à fournir une couverture cohérente et approfondie. Le gouvernement, surtout, doit agir avec fermeté en poursuivant les responsables, quel que soit leur statut, et en réformant les institutions pour prévenir de futurs abus.

Parmi les principales recommandations figurent le renforcement des organismes de régulation, l’introduction de protections pour les lanceurs d’alerte, et une transparence accrue dans la gouvernance du secteur pétrolier.

Le Centre conclut que 2025 doit marquer un tournant dans la lutte contre la corruption en Gambie. Le fait de ne pas agir risque de compromettre la démocratie et l’avenir économique du pays.

« La corruption coûte des vies et des moyens de subsistance. Le choix est clair : agir maintenant ou en payer le prix plus tard », déclare l’EFSCRJ dans son communiqué.

Exit mobile version