Par: Kemo Kanyi
Muhammed B.S. Jallow, vice-président de la Gambie, a exhorté les économistes en chef des gouvernements africains à accorder la priorité aux mécanismes qui renforcent la mobilisation des ressources internes, affirmant que le continent ne peut pas dépendre uniquement des soutiens financiers extérieurs.
Le VP Jallow a lancé cet appel lors d’une réunion de réseautage de quatre jours des économistes en chef des gouvernements, qui a débuté mardi à la Salle de Conférence Internationale Sir Dawda Kairaba Jawara en Gambie.
Il a déclaré que les tendances actuelles en matière de finance, de commerce et de géopolitique indiquent que l’Afrique ne peut plus compter uniquement sur le financement extérieur pour des développements clés comme l’énergie.
« Plus que jamais, notre force en tant que continent sera mesurée par notre capacité à nous coordonner et à mobiliser des ressources internes via les impôts et les capitaux privés, afin de financer notre programme de développement avec fierté et détermination », a-t-il affirmé.
Exprimant sa satisfaction quant à l’engagement des économistes en chef africains, le VP Jallow s’est dit heureux que le Réseau des économistes en chef des gouvernements utilise ce forum pour lancer son rapport majeur sur la fiscalité et le financement des économies africaines de l’intérieur.
Réagissant à un rapport rédigé par des conseillers économiques de la région, intitulé « sur la voie de l’augmentation du financement intérieur du développement », le VP Jallow a estimé que c’est « véritablement louable ».
Évoquant les performances économiques de la Gambie en matière d’autonomie financière, il a indiqué que la mobilisation des ressources internes par le gouvernement a connu des progrès significatifs, les recettes fiscales passant de 7,1 millions et 10 % du PIB à 18,8 millions et 7,2 % du PIB en 2024.
Il a informé les économistes en chef africains que les progrès de la Gambie reposent sur des réformes substantielles visant à améliorer l’administration fiscale et les processus, notamment le déploiement d’un système sécurisé, la mise en œuvre d’une plateforme de guichet unique, la numérisation des données, l’élaboration d’une politique douanière et de contrôle aux frontières, l’instauration d’un timbre fiscal électronique pour les entreprises manufacturières et les importateurs, la régulation du processus de commercialisation du carburant, et l’adoption en 2024 de politiques de l’UE établissant des règles structurées pour l’administration, le suivi et la déclaration. L’ensemble de ces réformes a permis d’élargir l’espace budgétaire et de renforcer la résilience économique.
Cependant, il a ajouté que la Gambie reconnaît aussi la nécessité d’équilibrer les efforts de mobilisation des recettes avec les réalités du terrain.
Le VP Jallow a expliqué que sans croissance économique ni augmentation des revenus, la collecte des recettes ne pourra pas atteindre les résultats escomptés que la Gambie a pu réaliser.

