Par : Fatou Krubally
Le Centre Edward Francis Small pour les droits et la justice (EFSCRJ) a accusé le président Adama Barrow d’avoir failli à ses devoirs de dirigeant à la suite de son discours national sur la vente des biens de l’ex-président Yahya Jammeh.
Dans une déclaration publique ferme publiée jeudi, le centre a déclaré que les propos de Barrow mercredi exposaient des positions « trompeuses et contradictoires », notant que la prétention du président d’avoir appris la controverse via un journal contredit son aveu d’avoir reçu des mises à jour régulières du groupe ministériel chargé de la vente des biens.
« Ce discours révèle une grave négligence de devoir et un échec de leadership », a indiqué le centre. Il a qualifié la décision de Barrow de s’en remettre à l’Assemblée nationale et à l’Office national d’audit pour enquêter d’« abandon des responsabilités exécutives », arguant que le président avait le pouvoir, en vertu de l’article 200 de la Constitution, d’établir une véritable commission d’enquête, comme il l’avait fait pour la Commission Janneh.
Le Centre a exhorté Barrow à mettre en place un organe indépendant pour enquêter sur tous les processus liés à l’identification, la vente et la liquidation des biens de Jammeh, y compris l’examen de toute la documentation et la vérification du respect des procédures légales.
Parmi ses autres revendications, l’EFSCRJ a exigé la suspension ou la révocation immédiate de tous les responsables impliqués dans le groupe ministériel, ainsi que le gel de tous les biens de Jammeh jusqu’à la fin des enquêtes. Il a également demandé au gouvernement de rendre compte de tous les fonds issus des ventes et de les affecter au Fonds d’indemnisation des victimes.
En outre, le Centre a exigé le limogeage de l’Inspecteur général de la police pour avoir refusé un permis de manifestation au groupe Gambians Against Looted Assets (GALA) et pour l’usage présumé de la force contre des manifestants. Il a appelé à une enquête complète sur toutes les violations de droits liées à cette manifestation.
Le groupe a averti que les progrès en matière de justice transitionnelle réalisés depuis 2017 étaient menacés par une mauvaise gouvernance et un leadership déficient. « Au lieu d’apporter justice et clôture, la Commission Janneh s’est transformée en un terrain de corruption et de méfiance », déplore le communiqué.
Il a appelé la société civile, les partis politiques, les médias et les partenaires internationaux à agir collectivement pour rétablir la confiance et faire respecter l’État de droit.

